Dure journée dans une Alger quadrillée : des rafles policières selon les uns, d’importantes mesures de sécurité d’après les autres

Dure journée dans une Alger quadrillée : des rafles policières selon les uns, d’importantes mesures de sécurité d’après les autres

Ce samedi 20 janvier fut une journée particulière à Alger. Des “barrages de sécurité” au niveau de toutes les entrées principales de la capitale. A l’est comme à l’ouest, des points de contrôle de la Gendarmerie ont ralenti sévèrement la circulation automobile.

Les contrôles sont plus stricts que d’habitude. La vigilance est redoublée et les effectifs des gendarmes ont été renforcés pour surveiller le flux important de visiteurs qui entrent et sortent de la capitale en empruntant les divers tronçons autoroutiers. Sur les principales artères d’Alger,  les voitures immatriculées en dehors de la wilaya d’Alger sont systématiquement arrêtées et leurs conducteurs questionnés.

Depuis fort longtemps, les Algérois n’ont pas connu un dispositif sécuritaire aussi impressionnant. Un dispositif redoutablement efficace puisqu’il a quadrillé entièrement une capitale qui compte pas moins de 7 millions d’habitants avec sa banlieue. Une banlieue qui n’a pas échappé également aux contrôles de sécurité. Certes, les Algérois étaient habitués aux dispositifs routiniers en place depuis les années 90. Mais ce samedi 20 janvier, la sévérité du système de surveillance déployé autour d’Alger n’avait rien à voir avec la routine que connaissent les Algérois depuis des années.

Une sécuritocratie dont le premier but est d’empêcher que les centaines de retraités du service militaire des années 90 puissent organiser leur marche à Alger. Une marche à laquelle auraient pu se joindre de nombreux autres citoyens mécontents, en colère et exaspérés par la précarité sociale imposée par ce début très difficile de l’année 2018.

La marche fut empêchée et les manifestants mécontents ont été chassés d’Alger.

Mais dans cette cohorte des protestataires, de nombreux Algériens, des concitoyens lambda qui n’entretiennent aucune relation avec un quelconque mouvement de contestation, se sont retrouvés embarqués par des policiers aux aguets. Le seul tort de ces compatriotes est…de résider ailleurs qu’à Alger. Un trait distinctif qui suffit pour élaborer des suspicions et conduire ces visiteurs de la capitale vers les commissariats.

Selon des témoignages concordants récoltés par Algeriepart, entre 70 et 100 personnes originaires des autres wilayas du pays ont été victimes d’une vaste opération de police que l’on pourrait qualifier aisément de rafle. Embarqués dans des minibus stationnés au niveau du Mémorial des Martyrs, ces “algériens d’ailleurs” ont été transportés jusqu’à l’extérieur de la wilaya d’Alger. Parqués dans des minibus, ils ont changé plusieurs fois de wilayas jusqu’à se retrouver à Relizane ou Oran. Relâchés dans la nature, certains affirment qu’ils ont été contraints de marcher longuement à pieds pour espérer trouver de l’aide.

Mais s’agit-il réellement de “rafles” ? A la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), on balaie d’un revers de la main ces accusations et une source autorisée assure que seuls les manifestants et membres des comités de défense des droits des anciens militaires des années 90 ont été expulsés de la wilaya d’Alger. Aucun autre citoyen n’a été victime d’un quelconque dérapage ou une dérive particulière. “Ce sont des mesures de sécurité très importantes pour préserver l’ordre public”, nous dit-on. Les policiers n’auraient donc fait que leur travail. Un point c’est tout ! Quoi qu’il en soit, une seule chose est sûre : aucun algérois n’oubliera ce samedi très sécuritaire…

 Abdou Semmar
 
 ALGÉRIE PART

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