11e édition de la Fête nationale de la poterie à Maâtkas


La poterie à l’honneur

poterie_berbereC’est dans l’enceinte de la Maison de jeunes de Maâtkas que l’ensemble des invités de “la potière de Maâtkas” se sont retrouvés pour ensuite fermer un cortège et prendre la direction du village d’Aggouni Bouffal, village de la commune de  Souk El Tenine retenu pour accueillir la 11e édition, et ce grâce à la mobilisation de l’Association culturelle “Uzzal” dudit village qui, précisons-le, œuvre en étroite collaboration avec “la portière de Maâtkas”.


Notons qu’avant de rejoindre le village “Aggouni-Bouffal” une prise de parole fut donnée au vice-président de l’APW, au chef de daïra par intérim, au P/APC de Maâtkas et au P/APC de Souk El Tenine où chacun a eu à remercier les organisateurs de cette manifestation de dimension nationale, des promesses d’aide et de soutien ont été faites pour pérenniser et rentabiliser davantage cette fête.

Après l’arrivée de tous les conviés, le cortège prend la direction de Souk El Tenine puis du village d’accueil de cet important événement sous la protection d’un important dispositif de sécurité. Une fois sur les lieux, l’importante délégation composée essentiellement du vice-président de l’APW de Tizi Ouzou, du directeur de la Maison de la culture Mouloud-Mameri, du directeur de la PME, du directeur de la CAM, du chef de daïra et des deux P/APC, de Souk El Tenine et de Maâtkas et bien sûr de l’ensemble des organisateurs et de la société civile, tout ce beau monde devancé par la fantasia “El Baroud” de Ghadaïra, la troupe de Relizane et la fanfare de la maison Carrière de Tizi Ouzou qui chantonnaient à l’unisson des airs folkloriques puisés du patrimoine national, ce qui a donné un cachet national à l’événement, sans oublier ce baroud d’honneur de la fantasia de Ghardaïa qui a généré, il faut le dire, une ambiance festive et chaleureuse attirant à l’occasion les plus réservés, tout ce beau monde donc se dirige vers le Carré des Martyrs où une gerbe de fleurs fut déposée et une minute de silence observée. Après l’inévitable fatiha, l’importante marée prend la direction de l’école primaire “Lieutenant Hadjar Saïd” établissement réservé pour abriter la manifestation.

Après les formalités d’usages (embrassades, fleurs et les souhaits de bienvenue).
Le coup de starter de la même édition de la Fête nationale de la poterie est donné par le vice-président de l’APW de Tizi-Ouzou, qui a affirmé dans son allocution d’ouverture d’œuvrer sans relâche pour relancer toutes les fêtes d’antan comme c’est le cas de le dire pour la fête de la cerise, la fête du couscous, la fête des figues, de l’olivier et de toutes les autres ; il promettra de faire plus d’efforts à l’avenir pour plus de réussite et de succès.

Quant au jeune Chalal Ahcène de l’Association “Uzzal”, après avoir souhaité la bienvenue aux invités, notera que les jeunes de son village sont prêts à relever le défi et à œuvrer pour vulgariser l’activité culturelle, artisanale et sportive, seulement le manque de moyens et de structures handicapent sérieusement l’atteinte de cet objectif d’où les responsables concernés sont tenus de mettre à notre disposition au moins le minimum ; puis, la délégation a eu à visiter les ateliers ou plusieurs œuvres potières sont exposées, des explications et des informations relatives au travail de l’argile sont données par les exposants aux visiteurs.

Mme Chalal, appelée Nna Ouardia, une femme visiblement accablée par les nombreuses années passées à travailler l’argile, à en tirer profit et à réussir des chefs-d’œuvres racontera à l’assistance son art : “J’ai commencé ce travail depuis mon très jeune âge (14 ans), la vérité c’est que j’aime bien ce métier, aujourd’hui, je l’aime encore davantage car je n’ai jamais prévu de le dire, de le raconter devant une assistance aussi nombreuse et respectable”.

L’argile nous la puisons dans 7 gisements, distincts et même les pots cassés nous les récupérons, rien ne se perd ! Ensuite nous passons l’argile recueillie dans un tamis pour enlever les impuretés et les corps étrangers, à la fin nous la laissons tremper pendant 3 ou 4 jours puis nous passons au façonnage et au polissage, à ce moment-là nous procédons à la peinture et à la décoration des pots et des différents ustensiles avec des pinceaux que nous fabriquons nous-mêmes, quant aux dessins, les signes et les différents motifs lesquels ont un sens particulier et un message propre nous les puisons des poteries anciennes que nos mères nous ont léguées.
Une fois les pièces achevées, nous ramassons du bois pour en faire un brasier (ughoud) et faire cuire de bon matin les pots”.
Un “ughoud” préparé pour la circonstance dans la cour de l’école fut allumé par Nna Ouardia.

Le public a compris et Nna Ouardia visiblement satisfaite de sa démonstration et de son exploit ne manquera pas de remercier l’assistance de l’avoir bien écoutée. Nna Ouardia est une preuve vivante et formelle que le travail de la poterie est une affaire de femme, de bonne femme, merci à Nna Ouardia et à toutes les femmes qui ont su préserver ce métier et par la même préserver et pérenniser nos traditions et notre culture millénaires.

Vers midi, du couscous au pois-chiches et aux fèves fut généreusement offert à tous les présents.
Que dire de cette première journée de la fête de la poterie, sinon qu’elle nous a fait remonter dans le temps, loin dans le temps pour nous rappeler à tous que notre ethnie avait sa propre culture, sa propre histoire et une identité que nous devons vaille que vaille pérenniser et promouvoir par le travail et uniquement par le travail, chacun à son niveau pour redorer le blason de la Kabylie de l’orgueil et de l’honneur !

 

La Dépêche de kabylie

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