LE FILM A ÉTÉ PROJETÉ À TIZI OUZOU


hnifa

La chanteuse Hanifa à l’écran

Le public a beaucoup apprécié tant la qualité technique que le contenu de ce document d’une durée d’une heure.

Dans le cadre du Panorama du Festival du film amazigh, en hommage au cinéma africain, il a été procédé à la projection du film documentaire sur la vie et le parcours artistique de l’une des pionnières de la chanson kabyle, Hanifa.

La présentation a eu lieu vendredi, à la Maison de la culture de Tizi Ouzou, en présence du co-réalisateur Ramdane Iftini. Le public a beaucoup apprécié tant la qualité technique que le contenu de ce document d’une durée d’une heure. Les spectateurs n’ont d’ailleurs pas manqué de l’exprimer durant le débat ayant suivi la projection.
Le réalisateur, Ramdane Iftini, a été ému devant tant d’éloges car il ne s’y attendait vraisemblablement pas compte tenu des conditions difficiles dans lesquelles le documentaire avait été produit.

L’intervenant a, par exemple, déploré la cherté des archives au niveau de l’Entv. Ainsi, a-t-il révélé, une minute d’archives coûte onze mille dinars. Pourtant, malgré cet écueil, le réalisateur Ramdane Iftini n’a pas lésiné sur les moyens afin d’enrichir son produit avec des images d’archives riches, retraçant non seulement le parcours de Hanifa mais aussi, en filigrane, celui de la chanson kabyle en général. En suivant le documentaire sur Hanifa, on découvrira le cheminement et l’évolution de la chanson d’expression kabyle.
Le documentaire livre même, avec force détails, les noms des premiers et des premières chanteuses kabyles. On saura ainsi qu’El Hasnaoui et El Anka sont les premiers artistes kabyles célèbres. Avant eux, d’autres artistes ont enregistré quelques chansons. Mais ce sont ces deux piliers qui feront jaillir la chanson kabyle au niveau national. On apprendra des détails intéressants sur la vie privée de Hanifa comme son véritable prénom: Zoubida. Mais on saura surtout qu’elle a eu une vie houleuse pleine de vicissitudes. Plusieurs mariages ratés.
Le premier, ayant eu lieu dans son village, est narré avec les moindres détails du début jusqu’au jour où Hanifa décida de s’enfuir de son domicile conjugal, une fois que son mari s’était rendu au marché d’Azeffoun.

Le réalisateur a pu interviewer deux témoins- clés. D’abord une amie d’enfance de Hanifa qui est revenue sur des détails croustillants.
Par exemple, la manie qu’avait Hanifa, depuis qu’elle était toute petite, à se recroqueviller souvent au coin d’une chambre pour chanter. Sa mère avait cru qu’elle était atteinte de démence et l’avait prise chez un saint tutélaire de Cheurfa, près d’Azazga.
Ce dernier lui prédit un destin des plus cruels. Superstition ou non, cette prophétie allait se confirmer plus tard, suite aux plusieurs mariages éphémères de l’artiste, de la mort de son bébé de cinq mois après sa naissance, de la bouderie de son père «parce qu’elle était incapable de fonder un foyer...», de sa misère sociale dans une baraque dans l’Algérois, en compagnie de sa mère.

De son côté, Kamel Hamadi a abordé le parcours artistique de Hanifa, de son départ d’Alger et de son éclosion artistique. Kamel Hamadi a témoigné des premiers pas de Hanifa dans les cabarets de Saint-Michel à Paris. Il a aussi indiqué que les chansons qu’il lui composait étaient directement inspirées d’une artiste syrienne, comme la célèbre chanson «Ay afrux iw». Hanifa a aussi joué des rôles dans deux films dont l’un est inspiré d’un roman de Jules Roy et l’autre de la trilogie romanesque de Mohammed Dib.
Le documentaire sur Hanifa a été réalisé sur la base d’un livre du journaliste Rachid Hammoudi Hanifa: une vie brûlée et coréalisé par Ramdane Iftini et Samy Allam.

L'Expression

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