AMAZIGH KATEB PRÉSENTE SON NOUVEL ALBUM MARCHEZ NOIR


«L’Algérie c’est mon baromètre»

«L’Algérie c’est mon baromètre»L’artiste reviendra sur l’hommage rendu récemment à son père à travers les cinq escales, estimant la manifestation positive.

Amazigh Kateb, cet artiste anticonformiste et rebelle, a animé hier matin une conférence de presse informelle à l’hôtel Saint-Georges, à l’occasion de la sortie, en octobre dernier, de son nouvel album Marchez noir. Impossible de faire l’impasse sur l’événement qui s’est clôturé jeudi dernier à la salle Cosmos, à savoir l’hommage en cinq escales, à son père Kateb Yacine à la suite des 20 années de sa disparition. Amazigh déclarera être satisfait par la manifestation qui, au-delà du symbole, a permis réellement aux gens de se réapproprier l’oeuvre de son père, parlant des artistes et des jeunes qui ont pris part avec force à cette manifestation qui a fait restituer la voix de Yacine au grand public. «Redonner vie aux textes de mon père c’est cela le plus important, donc ça été positif.»

A propos de l’annulation de sa tournée reportée au mois de mars, Amazigh Kateb expliquera la dure gageure de monter une dizaine de dates en l’espace d’une douzaine de jours, seulement par souci de bien faire les choses. «Moi, je ne chante pas Joséphine», a-t-il ironisé avec humour, rappelant le fait qu’il dérange. Un défi qu’il aime relever d’autant que c’est ici, en Algérie, fera-il remarquer qu’il aime venir jouer afin de se ressourcer et prendre le pouls de sa société pour savoir, indique-t-il, «si je suis dans le vrai ou pas. C’est un baromètre pour moi. Si je sentais que je ne dérangeais pas, c’est là où ça me dérangera justement.» Faisant siennes les paroles de son père «On ne sort pas d’une révolution pour fermer sa gueule», Amazigh dira qu’il reste encore des révolutions à conquérir en Algérie, tant sur le plan culturel, social que culturel.

Revenant à son album dont la promotion se fait avec sa nouvelle formation Poison rouge, l’auteur de Algéria, Bab El oued Kingston et Match Betikh, citera les deux morceaux adaptés des textes de son père Bonjour et Africain dont il a composé la musique. Une façon pour l’artiste de se réapproprier le père qui a été souvent accaparé car étant un personnage public. Une manière aussi de dire que «la poésie et la littérature viennent aussi de la rue, du peuple, mais parfois de la misère». «Interpréter les textes de mon père s’est imposé à moi comme un besoin naturel. J’assume entièrement ces choses-là.» Revenant sur la dissolution du groupe Gnawa Diffusion, Amazigh indiquera que cela s’est fait tout naturellement et a été dicté par un souci de mise au point et un appel au repos. Se présentant comme quelqu’un qui aime les défis, il relèvera que son nouvel album est dicté, lui aussi, par son amour des choses, le moteur central de tout, et loin de se prélasser sur des acquis, cet album résulte de nombreux voyages et déplacements. «Cette nouvelle production je l’ai ressentie comme un besoin vital, biologique de repartir sur la route, ce qui m’excite, car c’est une nouvelle prise de risque, pas de l’acquis. Je considère que ce que je fais est dans la continuité, non pas une rupture, tant que je fais de la musique qui me ressemble, c’est-à-dire avec amour. Car la musique, c’est comme la cuisine. Quand on la prépare pour des gens qu’on affectionne, on la fait avec amour.» Ce qui a changé dans sa musique? Peut-être la couleur puisque Amazigh y a ajouté un Dj. mais aussi le nombre de musiciens passant de 8 à 5. Possédant 12 titres, le nouvel album de Amazigh, Marchez noir reste dans la même veine contestataire de ses anciennes chansons. Le chaâbi demeure, le son est introduit, reste une constante en tout cas, la force du verbe du fils de Kateb qui ne démérite pas. Il en donnera pour preuve, au mois de juillet dernier, son magnifique concert à l’occasion du Panaf, quand devant des milliers de personnes, Amazigh chantera le mal-être des Algériens, changé en «une figue de Barbarie», douce à l’intérieur, mais épineuse à l’extérieur. Cet explorateur des sons confiera, par ailleurs, être en préparation d’une tournée qui le mènera après Bled Tour (Algérie) au Moyen-Orient notamment en Palestine.

Pour ce faire, il compte bientôt partir en Syrie pour s’imprégner encore de la foule et se baigner de culture et faire ainsi des rencontres avec des musiciens locaux, chose qu’il affectionne par-dessus tout. Enfin, l’album Marchez noir sorti chez Izem Prod est à écouter absolument!

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