LARBI OUDJEDI À L’EXPRESSION


«Le cinéma amazigh manque de qualité»

LARBI OUDJEDIIl est jeune, dynamique et surtout bien inspiré. Il est à la fois acteur, cinéaste et écrivain. Nous l’avons rencontré en marge de la première édition de la Rencontre culturelle d’Akfadou.

Il a voulu nous entretenir sur son parcours et ses oeuvres

L’Expression: La Colline oubliée, l’un des premiers films d’expression amazighe, est à l’origine de votre essai. Pouvez-vous nous dire pourquoi?
Larbi Ouidjedi: C’est d’abord le premier film berbère. Il m’a essentiellement motivé à percer dans le domaine du 7e art. C’est aussi un hommage à l’auteur du roman qui porte le même titre ainsi qu’au réalisateur du film. Avec cet essai, je rends hommage à deux grands pionniers de la culture amazighe.

En votre qualité de jeune cinéaste, quel regard portez-vous sur ce film?
Je ne pense pas être à la hauteur de juger un monument comme Bouguermouh. C’est, sans aucun doute, un très bon film. Le jeu des acteurs est remarquable. Techniquement on peut relever des insuffisances qui sont, de toute évidence, dues à l’absence de moyens.

Quels seraient les correctifs que vous auriez apportés?
Je n’ai pas la prétention de pouvoir faire plus. Bouguermouh a fait ce qu’il fallait.

Quel est votre avis sur le cinéma d’expression amazighe?
Pour l’instant, on n’a pas réellement de cinéma vu le déficit de production. Maintenant que l’Etat commence à financer de nouvelles réalisations, l’espoir est permis. Le cinéma d’expression amazighe existant jusque-là manque de qualité, mais il a le mérite d’exister.
Car n’oublions pas que toute expression culturelle dans le domaine amazighe était inexistante, il y a de cela seulement une ou deux décennies!

Comment conciliez-vous votre activité de cinéaste, vos études et l’écriture?
Je crois que les trois se complètent. J’étudie le cinéma, je mets en pratique mes connaissances théoriques par la réalisation. Quant à l’écriture, je crois que c’est une façon à moi d’apporter ma contribution au débat que connaît le cinéma en Algérie.

Vous êtes auteur également d’un court métrage. Avez-vous un projet en perspective?
J’ai un projet de réalisation d’un moyen métrage de fiction sociale dont le premier tour de manivelle est prévu au mois d’avril 2010.

L'Expression