Kaci abdjaoui revient avec un album composé de huit chansons

L'Expression 25/08/2008 KACI ABDJAOUI REVIENT AVEC UN ALBUM COMPOSÉ DE HUIT CHANSONS

Le retour de la voix d’or

Ses chansons restent encore sur les lèvres de toutes les générations qui se sont succédé, malgré l’apparition de nouveaux styles et de nouvelles technologies qui ont bouleversé le monde artistique.

Propos recueillis par Kamel BOUDJADI

Après dix-sept ans d’absence sur la scène artistique, Kaci Abdjaoui revient avec un album composé de huit chansons. Le long silence n’a pas entamé cette voix qui a longtemps enchanté les montagnes de sa Kabylie natale. Fait extraordinaire, même pendant cette longue période d’absence, le public ne l’a pas oublié. Ses chansons sont toujours restées sur les lèvres de toutes les générations. Lmahnaou...Lmahnaou est inoubliable. Kaci Abdjaoui, cet homme à la voix de rossignol, admiré par toutes les générations revient avec A yellis N’tmourth-iw et sept autres chansons fidèles à leurs soeurs qu’il a composées durant les années soixante-dix et quatre-vingt. Cet artiste qui a travaillé dans le textile Ecotal, précisément à Béjaïa, a fait ses débuts dans la chanson juste à la fin de la guerre de Libération. En 1963, il rejoindra et prendra en charge l’orchestre de la même firme avec Amouche Mohammed et Arab Bouyezgarene. Avant de rejoindre la France, il fera du théâtre mais ses premières chansons auront un succès retentissant et resteront gravées dans la mémoire collective. Au milieu des années soixante, il s’intéressera à la poésie de Si Mohand U M’hand et reprendra le poème Oufigh Thaqchicht deg charchour.

En France, Kaci Abdjaoui connaîtra la gloire et fera les plus belles années de la chanson kabyle de l’émigration. A la Radio nationale Chaîne II, il enregistrera une vingtaine de chansons qui ne se feront jamais oublier malgré sa traversée du désert qui durera près de deux décennies. A présent, son dernier album est sur les étalages des disquaires en deux versions cassette et CD ainsi que deux DVD composés de chansons de fêtes de Lekhtana.
Sa devise à lui reste la recherche de la qualité et non, de la quantité. Preuve en est Lmahnaou, Lmahnaou et A yemma thin aazizen et Thametouth N’bava restent encore des références. Elles sont encore sur les lèvres de toutes les générations qui se sont succédé malgré l’apparition de nouveaux styles et de nouvelles techniques qui ont bouleversé le monde artistique. Kaci Abdjaoui promet de revenir dans une année avec un autre album mais, plus encore, il promet de faire à Tizi Ouzou un grand gala. Ce pilier de la chanson kabyle revient donc, au grand plaisir des mélomanes et de ses admirateurs pour de nouvelles aventures artistiques.

Entretien avec Kaci Abdjaoui
Rencontré lors de son passage par la ville de Tizi Ouzou, en partance vers sa ville natale Béjaïa, nous avons réalisé un entretien avec ce chanteur sympathique qui reste toujours d’une spontanéité déconcertante. Il nous livrera ici ses pensées et ses impressions sur le monde artistiques des années soixante et la situation actuelle de la chanson kabyle en particulier et algérienne en général.

L’Expression: Comment avez-vous débuté dans la chanson ?
Kaci Abdjaoui: J’ai découvert mon amour pour la chanson quand j’étais encore petit. J’ai chanté dans les fêtes et les festivals.
A Béjaia, j’ai eu la chance de connaître Amouche Mohammed et Arab Bouyezgarene avec lesquels j’ai découvert le travail d’orchestre, à l’usine textile de la même ville. J’ai connu aussi des amis qui m’ont fait découvrir beaucoup de secrets de l’art comme Khelifa Belkacem et mon ami Cheikh Jaker.

Vous avez eu un grand succès dès vos débuts, quel en était le secret ?
J’avais des prédispositions et beaucoup d’amour pour l’art. J’avais aussi beaucoup de respect pour les conseils des chioukhs. Le travail rigoureux ainsi que la recherche incessante.
J’ai découvert la poésie de Si Mohand U M’hand, alors j’en ai pris un poème pour composer de la musique.
Cela s’est concrétisé dans la chanson Oufigh thaqchichfh deg, charchar. J’ai composé pour la radio Ayemma thin aazizen aussi.

Vous êtes toujours présent dans le monde de l’art malgré votre longue absence. Comment expliquez-vous cela ?
J’ai à la radio plus de vingt chansons. Dans mon travail, je faisais de la recherche. Il faut des sujets qui tiennent à coeur, pas n’importe quoi. Il faut aussi accorder le sujet à la musique composée. Si elles sont restées, malgré ma longue traversée de désert, c’est parce que la musique et les parles sont toujours d’actualité.

Comment vous êtes-vous retrouvé en France ?
Je me souviens, vers la fin 1981, j’ai accompagné Dahmane El Harrachi vers Béjaïa, pour un festival. C’est à son retour qu’il est mort dans un accident de la circulation. Sur le plan personnel, j’avais envie de changer d’air. En France, j’ai trouvé des grands chanteurs comme Sadaoui Salah qui avait un studio. J’y ai d’ailleurs enregistré pour la deuxième fois, Lmahnaou,... lmahnaou.
Des circonstances ont fait que je me suis éloigné du monde de l’art. Mais à présent, je suis revenu et je ne compte pas m’arrêter là. Je promets que je donnerai un grand récital à Tizi Ouzou pour faire plaisir à mon public que je n’ai pas encore eu le plaisir de rencontrer ici.

Après une longue absence, pouvez-vous comparer la chanson kabyle d’avant à celle d’aujourd’hui ?
Aujourd’hui, les jeunes ont de la chance. Il y a plus de moyens. La musique a changé et les paroles aussi. Les préoccupations d’avant ne sont plus les mêmes que celles d’aujourd’hui. Toutefois, il faut que les jeunes tirent exemple des anciens. Il faut faire de la recherche en musique et en paroles. Si la génération actuelle est différente de la nôtre, c’est positif car chaque temps a ses spécificités, pourvu qu’il n’y ait pas de coupure mais plutôt une recherche d’expérience chez les anciens.

  par Kamel BOUDJADI

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