J’éprouve du bonheur à écrire sur Tizi Ouzou

MOHAMMED ATTAF (ÉCRIVAIN, LAURÉAT DU PRIX APULÉE)

L'Expression 09/08/2008 J’éprouve du bonheur à écrire sur Tizi Ouzou

Ecrivain ayant publié un roman et un recueil de nouvelles aux Editions Alpha, Mohammed Attaf est le lauréat du prix littéraire Apulée 2008, en langue française. Il a édité L’Arbre de la chance (roman) puis Le silence des mûrs (nouvelles). Beaucoup de Tizi Ouzéens ont été très touchés suite à la lecture de ces romans qui leur ont rappelé la ville des Genêts de leur enfance et de leur adolescence. A la librairie Cheikh, où l’écrivain Mohammed Attaf a dédicacé ses livres, plusieurs lecteurs sont venus lui dire merci d’avoir immortalisé ces instants inoubliables.

L’Expression: Est-ce-que vous vous attendiez à obtenir le prix Apulée du meilleur roman en langue française?
Mohammed Attaf: Pas du tout, car participer à un concours, c’est soumettre son oeuvre à un jury et attendre comme tous les autres candidats. Nul ne peut dire que son roman est meilleur que les autres car un texte, une histoire ont beau être admirables, seul l’impact qu’ils peuvent avoir sur le lecteur leur permettra de se classer. Donc, la surprise était de taille, l’émotion grande quand j’avais entendu mon nom.

Pourquoi d’après vous votre livre a été choisi parmi tant d’autres?
Je ne saurais vous le dire, peut-être parce que mes mots étaient simples, chacun d’eux chargé d’une vérité qu’on ne peut taire. Pour ma part, dans L’Arbre de la chance, qui est mon premier roman et qui a obtenu le prix Apulée, j’ai décrit le quotidien de notre société, entre les années 1940 et 1950, avec sa misère et ses souffrances, avec ses aspirations et ses espérances, avec sa solidarité et ses luttes face à des colons qui voulaient tout pour eux et rien pour nous.

L’obtention d’une telle récompense peut-elle constituer une nouvelle source de motivation pour poursuivre l’écriture?
Toute récompense, comme toute réussite, constitue effectivement une source de motivation. Elle aide à ciseler les mots, à peaufiner les phrases et surtout à inciter à faire mieux, à puiser dans l’inspiration le nectar qui puisse abreuver qualitativement l’écriture.

Comment a été accueilli votre premier roman L’Arbre de la chance?
Mon premier roman a été bien accueilli par les lecteurs. Son titre déjà L’Arbre de la chance l’a favorisé et a attiré l’attention du lecteur. Il ouvre les voies, au fil de ses pages, non pas de l’imaginaire, mais d’un destin qui cultive les promesses du bonheur malgré les vicissitudes d’une certaine période.

Beaucoup de Tizi Ouzéens de votre génération ont éprouvé plaisir et nostalgie à la lecture de vos deux livres. Etait-il dans votre intention, en revenant avec les menus détails sur une époque que d’aucuns qualifient de belle, de susciter la nostalgie chez vos lecteurs?
Quand j’écris, je pénètre le monde de mes personnages, leur milieu social et culturel, leur vie quotidienne et je partage avec eux, en toute intimité, leurs joies, leurs préoccupations ainsi que leurs faits et gestes. Ecrire ne veut pas dire inventer mais faire renaître la vie déjà vécue ou tout simplement la concevoir selon sa propre clairvoyance.
Mes deux livres (L’Arbre de la chance et Le Silence des murs) ont été nourris par la sève de mon enfance et celle des Tizi Ouzéens de ma génération. J’ai pénétré les menus détails pour ne pas fermer les portes du souvenir et surtout pour lutter contre l’oubli. Tout le monde est attaché à sa mémoire, à ses repères, d’où l’engouement des Tizi Ouzéens pour mes deux livres.

Raconter le Tizi Ouzou de votre enfance et de votre jeunesse vous sert-il à supporter et à mieux accepter les chamboulements qu’on constate aujourd’hui?
Vous savez, le premier amour est toujours celui de votre enfance et de votre jeunesse. Le mien, je l’ai connu à ma naissance et il n’a cessé de grandir en même temps que moi. Cet amour, c’est Tizi Ouzou, cette belle qui m’a bercé de ses valeurs ancestrales et que j’ai caressée dans sa grandeur. Malgré tout le bonheur que j’éprouve à parler de Tizi Ouzou, je ne puis accepter les dérives qu’on lui a imposées. Au fond de moi, la nostalgie du passé ne cesse de me tarauder. J’aurais tant voulu garder Le Col des Genêts d’antan mais....

Quels sont vos projets d’écriture?
Un écrivain ne baisse jamais son stylo. Il écrit mais ne fait pas de projet car ce terme le conduit à des études, des calculs, des plans. Or l’écriture, c’est le voyage suprême dans la lumière où les mots sont des astres et leur sens des métaphores. Mes écrits touchent à tout. Actuellement, j’ai un roman chez mon éditeur, j’ai un roman en voie d’achèvement, je viens de terminer un recueil de poèmes et je travaille sur un recueil de contes anciens et modernes.
 

par Aomar Mohellebi

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