CAFÉ-LITTÉRAIRE AUTOUR DE TAOS AMROUCHE


Hommage à l’éternelle exilée

TAOS AMROUCHEL’association Fendjan El Thaqafa a rendu, jeudi, un grand hommage à la première romancière algérienne d’expression française.

Il y a parfois des écrivains, qui même en n’étant pas reconnus par «les autorités littéraires» de leur pays, ont acquis, au fil des années, une telle affection populaire qu’elle confine parfois, à la dévotion. C’est certainement le cas de Taos Amrouche dont l’oeuvre romanesque a été le thème du dernier Café-littéraire organisé avant-hier par l’association Fendjan El Taqafa, (La culture, c’est ma tasse).

Après avoir exposé brièvement quelques notes biographiques sur Taos Amrouche, le professeur en linguistique, Boudjemaâ Aziri, reviendra sur le sort des Amrouche. Etant de confession chrétienne, cette famille, constamment en butte à l’intolérance des autres, sera contrainte à l’exil. Cela n’a rien d’étonnant, puisque aujourd’hui encore, de nombreuses personnes en Algérie éprouvent une immense difficulté à afficher leur appartenance religieuse. Dans ce sens, cet universitaire nous fera observer qu’il est nécessaire de prendre cette famille comme exemple pour apprendre à tolérer les autres. L’intervenant tentera, par la suite, d’expliquer l’apport de cette première romancière algérienne, d’expression française, à la littérature maghrébine et le rôle qu’elle a joué dans la sauvegarde de notre patrimoine culturel berbère.

En effet, pendant de longues années, Taos Amrouche accomplira un travail remarquable de recueil et de sauvegarde des anciens chants berbères de Kabylie. «Lors de la création de l’Académie berbère à Paris, Taos Amrouche soutiendra admirablement les jeunes fondateurs de cette institution», fera-t-il remarquer au cours de son intervention. Délaissée, occultée et ignorée par «les institutions littéraires officielles», son oeuvre aura acquis une immense notoriété. Même si son nom ne figure pas dans nos manuels scolaires, même si son oeuvre n’est pas souvent évoquée dans nos institutions universitaires, les livres de l’auteure de La Rue des tambourins continuent à circuler grâce au formidable bouche-à-oreille. L’histoire nous aura appris que ce sont ces écrivains, frappés d’interdit et de censure, qui finiront par occuper dans le panthéon des lettres, une place de choix. L’interdit, la censure et la non-reconnaissance, dont ils ont été victimes, n’auront fait qu’ajouter à leur gloire. Mais pourquoi cet ostracisme? Cela s’explique tout d’abord par le fait qu’elle soit issue «d’une famille atypique». Ayant une identité composite, cette romancière et interprète des chants berbères de Kabylie sera toujours contrainte à l’exil.

Ce dernier point, elle l’expliquera avec force et justesse dans ces écrits romanesques. «Il faut se réapproprier Taos Amrouche par la traduction...», lancera une jeune femme lors de cette rencontre. Mais encore faut-il pouvoir trouver les livres de cette grande romancière, en Algérie. Mis à part Le Grain magique, un recueil de chants, contes et proverbes berbères, les romans de Taos Amrouche demeurent introuvables dans nos librairies et nos bibliothèques.

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