Maison de la culture de Tizi Ouzou


Journée d’étude sur la famille Amrouche

Fadhma Ait MansourUn parcours douloureux relaté dans «Histoire de ma vie», de Fadhma Ait Mansour.

«Il y a une volonté d’effacement à cause de la confession et du choix d’être naturalisé», a déclaré une participante à la rencontre autour de l’œuvre des Amrouche.

Une journée d’étude sur la famille Amrouche a eu lieu samedi dernier à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Le public a  assisté à des témoignages de conférenciers, et a eu droit à des échanges contradictoires sur le parcours et l’œuvre des Amrouche. Dans sa communication, Slimane Benaziez, enseignant à l’école supérieure de journalisme d’Alger, dressera un aperçu historique non moins exhaustif sur les Amrouche.Par ailleurs, tout en reconnaissant la difficulté de «prétendre épuiser toute la richesse des ses romans»,  Amhis El Djouher, auteur, fera plutôt une lecture croisée de l’œuvre romanesque de Taos Amrouche (1913-1976), soulignant au début de son  exposé que le nom de cette dernière est associé à celui de Jean El Mouhoub (1906-1962), son frère aussi prestigieux qu’elle, et à celui de sa mère Fatma At Mansour (1882-1967) dont le parcours douloureux est relaté dans Histoire de ma vie (1968).

L’oratrice abordera cette «quête de soi pour comprendre et se faire comprendre», largement étendue dans Jacinthe noire, publié en 1947, La rue des tambourins en 1960, L’amant imaginaire (1975) et Solitude ma mère, édité à titre posthume en 1972. A travers l’étude de ces œuvres, Mme Amhis,  a tenté de «cerner cette véritable quête pour la reconstruction de soi». Elle dira : «L’auteur (Taos Amrouche) se livre à une véritable autoanalyse, à une quête pour trouver les raisons des échecs récurrents. De nombreux retours en arrière, pour y voir plus clair et chercher la source du mal qui fait de l’héroïne un être de souffrance en perpétuel décalage avec la réalité. Paradoxalement, l’héroïne, élevée dans une société patriarcale, où la pudeur est omniprésente, va se dévoiler, briser des tabous et s’affirmer par l’écriture perçue comme un acte de liberté qui la délivrerait.»

Par ailleurs, l’intervenante notera que si l’œuvre de Taos Amrouche reste méconnu, c’est parce qu’elle n’a pas été rééditée, mais aussi «parce qu’il y a une volonté d’effacement à cause de la confession et du choix d’être naturalisé.» Mais, ajoutera Mme Amhis, «il y a quand même une prise de conscience de faire l’ancrage culturel pour éviter les pertes de repères qui ont été préjudiciables pour notre jeunesse.»
Au terme de sa conférence, l’oratrice préconisera aux jeunes la lecture pour éviter ce qu’elle qualifie «d’embrigadement de la pensée».    


EL WATAN

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