SON NOUVEL ALBUM SORTIRA EN SEPTEMBRE PROCHAIN


El Hasnaoui Amechtouh annonce son retour

-Le fils spirituel de Cheikh El HasnaouiLe verbe puisé du quotidien des petites gens, jaillit des tripes de l’artiste comme l’éruption d’un volcan.

Bonne nouvelle pour les férus de chaâbi. El Hasnaoui Amechtouh, de son vrai nom Madjid Aït Rahman, revient avec un nouvel album. «C’est un album qui contient 8 titres», a déclaré, récemment, El Hasnaoui Amechtouh, en marge de la conférence sur «La chanson kabyle: entre histoire et défis».
Cette conférence a eu lieu samedi dernier à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information d’Alger. Le nouveau produit du fils spirituel de Cheikh El Hasnaoui sera sur le marché en septembre prochain.

L’album aborde plusieurs thème liés à la condition humaine. Le verbe puisé du quotidien des petites gens, jaillit des tripes de l’artiste en une irruption volcanique. Il décrit, sans concession une réalité nationale triste. «Le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas?» s’interrogeait le géant Jacques Brel dans sa chanson mythique Ne me quitte pas. Chez El Hasnaoui Amechtouh, le rouge est celui du sang d’un peuple, le sien, meurtri par «les loups qui habitent la nuit».
Le noir évoque une réalité obscure. Celle d’une nation prise au piège d’une identité nationale et plurielle non assumée. Né en 1953, à Larba Nath Ouacif, en haute Kabylie, Madjid Aït Rahmane quitte son village natal pour Alger, à l’âge de 5 ans. «Mon père m’a emmené à la Casbah dès ma prime enfance. C’est dans ce berceau du chaâbi que j’ai grandi», se souvient El Hasnaoui Amechtouh.

L’enfant est d’une sensibilité rare. Son âme vibre à l’écoute des chouyoukh, mais la flamme de son coeur sera allumée uniquement par le Maître Cheikh El Hasnaoui. Le style raffiné du Cheikh le subjugue.
En plus, le timbre vocal du jeune Madjid rappelle, merveilleusement, celui du Cheikh. Ses débuts dans la chanson remontent au milieu des années 1970. «En 1975, j’ai enregistré mes deux premiers titres: A Montparnasse et Zahia hemleghkem, Rebbi y ezra (Montparnasse et Zahia, je t’aime, Dieu en est témoin)», raconte El Hasnaoui Amechtouh. Sa voix retentit, ainsi, au studio de Mahboub Bati, de la Rue Hoche (Alger). A l’époque, des mélomanes et professionnels de la musique lui suggèrent de reprendre les titres d’anthologie de Cheikh El Hasnaoui. La responsabilité est lourde. Seulement, la détermination du jeune Madjid peut soulever des montagnes. Il prend ce chemin sinueux. A la surprise des spécialistes, son interprétation plaît...au Maître, lui-même.
«Je suis allé voir Cheikh El Hasnaoui en avril 1979. il m’a reçu à Nice», se souvient El Hasnaoui Amechtouh. De cette rencontre, il garde un souvenir qui l’a profondément marqué. Suivons son récit...Le jeune Madjid revoit encore les traits du Cheikh, son regard profond et rêveur. Il revoit cette lueur d’espoir dans ses yeux. «A l’évidence, je demeure vivant dans l’imaginaire des miens (Zighen Ur Muttegh ara)», lui dit le Maître, qui avait rompu avec la chanson, des années auparavant. Et le Cheikh d’administrer une ultime leçon d’art à son élève: «L’art, si tu le respectes, il te le rendra. Si tu le méprises, il te laisse pour ce que tu es.»

L’élève a retenu la leçon. Preuve en est, il est resté égal à lui-même. Mieux, il a assuré la relève en rajeunissant son orchestre. Son fils Nassim, percussionniste, figure parmi ses accompagnateurs. Ils forment un duo de charme avec Touri, au tar. L’histoire d’El Hasnaoui Amechtouh avec l’art continue. «Je suis invité à Stockholm (Suède) en juillet et à l’Ille de la Réunion (après le Ramadhan), dans le cadre des hommages rendus à Cheikh El Hasnaoui», a-t-il annoncé. L’étoile d’El Hasnaoui Amechtouh brille dans le ciel de la musique chaâbie.

l'Expression

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