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Ben Mohamed (Poète et parolier) : Le retour du sage

LIBERTÉ 04/05/2008

Vivant en France depuis plusieurs années, Ben Mohamed était l’invité du forum Parole aux artistes, organisé à la maison de la culture de Tizi Ouzou. Il a écrit les paroles de Avava inouva et de plusieurs autres chansons qui ont offert à Idir une notoriété internationale.

Il en a fait de même pour Nouara, Matoub Lounès, Takfarinas, Djamel Allam, Medjahed Hamid, Amar Sersour, Taous. Lui, c’est le poète Ben Mohamed, un des meilleurs ciseleurs de mots en langue berbère. Jeudi dernier, il était l’invité de la rencontre Parole aux artistes, animée par Slimane Belharet à la maison de la culture Mouloud Mammeri. Pendant trois heures, il s’est confié à cœur ouvert face au nombreux public venu l’écouter. « La poésie c’est l’enrichissement du mot. Le poète s’engage à être vrai », ainsi résume ce comptable de profession son monde. « En comptabilité, on ne peut pas mettre un chiffre à la place d’un autre. En poésie aussi, chaque mot a sa place », commente Ben Mohamed. Alternant témoignages sur son parcours artistique et son passage à la radio (Chaîne II) comme animateur (Anecdotes et poésie), l’invité du jour a épaté l’assistance en déclamant Ayema (ô mère !), l’épique poème écrit dans les années 1970. Dans un autre passage Adruhagh (je m’en vais), il explique les raisons qui l’ont poussé à l’exil. « Je m’en vais changer de pays à la recherche de la lumière / Je m’en vais fuir la mort en quête de temps nouveaux / J’irai plus loin que les nues où les femmes ont droit de rire / Je m’en vais vous laisser mon pays où désormais aimer est pêché / Je m’en vais laisser le printemps, où les fleurs sont atrophiées / Je m’en vais laisser le coutelas qui dans l’obscurité nous égorge (...) Je m’en vais vous laisser le pays qui exile ses propres enfants / Je m’en vais vous laisser l’outre qui en amplifie les bruits / Je m’en vais vous laisser le pays qui écarte les savants / Je m’en vais vous laisser la vermine voici que lui poussent des cornes / Je m’en vais laisser la porte qui se claque au nez des gens.(...) Je vous ai laissé le pays où les frères sont des ennemis. »

Ben Mohamed a composé des dizaines de poèmes mais pas de recueil de ses textes dans les librairies. Quelques-uns de ses poèmes sont parus en 1992 dans la revue de l’université de Paris 13 Itinéraires et contacts des cultures, numéro spécial littératures et oralité au Maghreb. Des projets ? « Ramdane Achab a traduit mes poèmes en français. Je compte les éditer sous forme de recueil. Pas pour faire du commerce. J’écris ce que je ressens. La poésie n’est pas mon gagne-pain ». Ben Mohamed s’est initié par ailleurs au 4e art en traduisant en kabyle Babor ghraq, le chef- d’œuvre théâtral de l’écrivain dramaturge Slimane Benaïssa. « Nous avons enregistré un CD en trois versions arabe, kabyle et française. Je ne sais pas pourquoi le produit n’est pas sorti sur le marché », a indiqué Ben Mohamed.
 

par Ahcène Tahraoui

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