Ben Mohamed à cœur ouvert

Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou

La Depeche de Kabylie 03/05/2008 Ben Mohamed à cœur ouvert



Ils étaient très nombreux ce jeudi à la grande salle de spectacles de la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou pour accueillir et écouter l’un des piliers de la poésie contemporaine kabyle de retour après une vingtaine d’années d’exil.

Des artistes comme Lounis Aït Menguellet, Mdjahed Hamid, Hacen Ahres, des amis et anciens animateurs de la radio, notamment Guerfi, Bacha et Derriche, d’anciens et jeunes poètes, des universitaires et d’anciens militants comme Malika et Idir Ahmed Zaïd, Belaïd Abrika, Abdenour Abdeslam tous venus retrouver Ben après tant d’années d’absence.

Très ému par l’accueil chaleureux qui lui est réservé, toujours égal à lui-même, Ben Mohamed a répondu à toutes les questions du public et de l’animateur Slimane Belharet : de son enfance, sa carrière d’animateur, sa poésie, son exil et son combat pour l’identité, tout a été abordé sans limite et avec une spontanéité exemplaire. Le poète parle tout d’abord de son enfance au village qu’il quitte pour la capitale à l’âge de 8 ans après que l’école primaire a été incendiée. Pour lui Slimane Azem reste incontestablement le maître qui l’a marqué. C’était grâce à lui en grande partie sa poésie. Ben évoque par la suite son expérience d’animateur à la radio, Chaîne 2, dans des moments difficiles marqués par la censure et le parti unique, ce qui ne l’a pas empêché de faire passer des messages et prendre des risques parfois au détriment même de son poste ; il rappelle le passage pour la première fois de Matoub Lounès à la radio dans son émission Annar n temlilit. Il parle également de son métier de comptable aujourd’hui en disant que “la poésie et la comptabilité sont deux choses qui se ressemblent car dans la poésie on ne peut pas remplacer un mot par n’importe quel autre et dans la comptabilité on ne peut pas remplacer un chiffre par n’importe quel autre”.

En répondant aux questions de l’assistance, Ben Mohamed fait part de son expérience de parolier pour plusieurs chanteurs, notamment la diva Nouara, Idir, Mdjahed hamid, Matoub Lounès et beaucoup d’autres. Néanmoins, il déplore que des chanteurs n’accordent pas aujourd’hui beaucoup d’importance au verbe en composant eux-mêmes leurs mélodies ou poésies, voire même la distribution et l’édition, ce qui donne souvent un produit médiocre.

A noter que durant toute la rencontre Ben a déclamé plus d’une vingtaine de poèmes : le moment fort était sans doute la poésie, un chef d’œuvre— Yemma— que l’assistance lui a demandé une deuxième fois. L’occasion s’est offerte aussi pour les poètes de la nouvelle génération de déclamer leur poésie, comme Hamid et Nouredine Aït Slimane, Sadi Kaci mais également une ancienne poétesse et amie de Ben, à savoir Hadjira Oubachir.

Ben Mohamed se dit très content que beaucoup de poètes émergent aujourd’hui.
La rencontre a été clôturée par la remise d’un cadeau symbolique par le directeur de la Maison de la culture Ould Ali El Hadi, un tableau de peinture executé par les artistes adhérents de l’établissement, une œuvre artistique pour un grand artiste.
 

par M. Cherfaoui

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