Festival : La chanson amazighe en partage

EL WATAN 26/04/2008

Le pas a été fait et le moment choisi a coïncidé, à quelques jours près, avec une date importante du calendrier berbère. Le 1er Festival de la chanson d’expression amazighe qui s’est tenu à l’auditorium Aïssa Messaoudi de la Radio nationale, a réuni des groupes venus de toute l’Algérie.

Point commun : la langue et l’envie d’en finir avec les clivages éculés. « Dassine » est le nom qui a été choisi par les organisateurs de ce premier festival. Pour Azzedine Mihoubi, directeur de la Radio algérienne, ce nom est celui d’une poétesse targuie qui fut pour beaucoup dans l’essor de la culture de l’Imzad. Pas d’exclusivisme kabyle cette fois-ci. Ce festival, qui a débuté sur les chapeaux de roue, mardi dernier, avec le passage de Akli D. pour s’achever jeudi, tard dans la nuit, a ratissé large ; toutes les expressions linguistiques, mais aussi musicales, y étaient : chaouies, mozabites, chenouies, ou encore targuies. Des voix nouvelles, et d’autres qui le sont moins, se sont relayées sur la scène de l’auditorium. En plus des Ighilassen, Auchidhen, Malika Bay, Massinissa auxquels ont été remis des « diplômes » à la clôture du festival, on peut remarquer Akli Yahiatène, ou encore le chanteur au verbe cru, Djamel Sabri, du groupe Les Berbères. Toujours innovant et portant haut le genre « yal », mélange subtil de sonorités du terroir et de celles d’autres pays, Akli D. n’a pas laissé « tranquilles » ses auditeurs. La crinière touffue et en bataille, ce musicien ne compte pas seulement faire du « moderne », mais s’inspire de ses aînés, dont l’autre Akli (Yahiatene), avec lequel il s’est produit le premier jour. Des succès, le compositeur Anfas ilarbi, tranquille, en a eu beaucoup. La thématique choisie est celle de tous les chanteurs de l’exil, el ghorva (exil), et l’étreinte de la femme laissée à ses doutes dans une Kabylie qui n’en finit pas de voir partir ses enfants. Un album sortira dans les bacs à la fin de l’année.

L’affluence grandissante d’un public, sevré de ses expressions musicales par « un pouvoir monolingue », ne s’est pas démentie. Animateur à la radio Chaîne II, Mouloud Allek, qui a fait un « radio... gradin » réussi, a su choisir, comme de coutume, ses intervenants. Comme c’est le cas avec Ali, le fils Mouloud Feraoun. Seul hic néanmoins, aucune activité n’est programmée en marge de ce festival qui se bonifiera, à coup sûr, surtout avec la participation d’autres pays de la région qui ont tamazight en partage.
 

par Nadir Iddir

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