Une mémoire brûlée

Il y a 23 ans disparaissait Bahia Farah

La Depeche de Kabylie 21/04/2008

Les hommes de culture considèrent à juste titre que le pire des châtiments qu’on puisse leur infliger c’est tout bonnement de les ignorer. Bahia Farah n’a pas échappé au supplice de l’oubli.

Celle qui a voué toute sa vie à lutter activement pour le recouvrement de l’indépendance par le truchement de la chanson de combat, n’a récolté au retour, que mépris de la part des officiels. Pas la moindre marque de considération de son vivant, pas un soupçon de reconnaissance à titre posthume. Celle qui a porté haut le flambeau de la cause nationale et bercé de sa voix suave plusieurs générations de mélomanes a tiré sa révérence dans l’anonymat le plus total un certain 22 avril 1985.


C’est en 1917, en pleine Guerre mondiale que Bahia Farah — de son vrai nom Bounouar Fatma Zohra — naquit à Bouira. Adolescente, elle affronte déjà la dure réalité de l’exil. Sous le férule de ses compagnons émigrés, Bahia fait son entrée initiatique dans le domaine de l’art en se consacrant à l’apprentissage de la danse orientale. Séduit par le talent artistique de la danseuse, le compositeur tunisien, Mohamed El Djemoussi lui fait appel pour l’intégrer dans la troupe artistique maghrébine en exil. La troupe finit par se disloquer avant de se reconstituer sous la houlette de Mohamed Aziz, en incorporant cette fois-ci dans ses rangs d’autres noms tels que Nouara, H’nifa et Seloua.

Sous l’égide du FLN, la troupe a organisé plusieurs galas artistiques pour faire valoir le droit du peuple algérien à l’indépendance. En février 1965, Bahia Farah regagne l’Algérie. Elle anime avec le défunt Cheikh Nouredine une émission radiophonique à la Radio chaîne II qu’elle quitte au bout d’une année. Mais la diva n’arrête pas pour autant de chanter et… d’enchanter de ses envoûtantes mélopées.

L’émigration et la nostalgie du pays sont les thèmes qu’elle évoque souvent. Elle s’y consacre pleinement, histoire de subvenir à ses besoins. Elle travaille aussi avec le regretté Slimane Azem. Le duo interprète une flopée de chansons dont la plus célèbre s’intitule Atas Isabragh (j’ai tant patienté)…
 

par N. Maouche

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