Hommage à l’illustre cheikh El Hasnaoui

Etablissement Arts et culture

La dépêche de Kabylie 29/03/2008 Hommage à l’illustre cheikh El Hasnaoui

La salle “El Anka” du complexe culturel Laâdi-Flici (Théâtre de verdure), a abrité un vibrant hommage, rendu jeudi passé à l’un des monuments de la chanson kabyle dans le style “chaâbi”, le défunt cheikh El Hasnaoui.

Cette initiative est de l’Etablissement Arts et Culture, lequel possède une grande notoriété dans ce genre d’événements. Lors de l’ouverture de cette cérémonie, et après le souhait de bienvenu aux assistants, un bref aperçu a été donné par l’animateur sur le parcours de l’immortel cheikh El Hasnaoui : le chanteur le plus adulé de son temps.

Bien qu’il nous ait quitté à jamais, il demeurera toutefois toujours présent dans nos cœurs. Son répertoire musical est éternel. L’occasion a été donnée ensuite à de jeunes chanteurs qui ont tenu à honorer cet illustre homme.

Rachid Zedek, un de ces jeunes chanteurs a débuté sa prestation par la célèbre chanson d’El Hasnaoui Boulayoun tibarkanine, interprétée d’une manière qui lui a donné une vivacité et un nouveau charme. Il a enchaîné ensuite avec des chansons de son propre répertoire.
R. Zedek nous a déclaré : "c’est toujours un honneur pour moi d’être invité à de telles cérémonies, particulièrement, s’il s’agit de participer à l’hommage rendu à monument de la chanson kabyle et qui a consacré toute sa vie à la musique. Pour moi Cheikh El Hasnaoui, est le symbole de la chanson kabyle (chaâbi). C’est toujours une fierté et un immense plaisir de contribuer à son hommage". Pour sa part, l’arrière-neveu du défunt, Arezki Siouani, qui est aussi dans le milieu artistique, connu surtout pour ses rôles dans des feuilletons et des films algériens, a affirmé ceci : "C’est une fierté d’appartenir à la descendance d’El Hasnaoui". Arezki a déclamé un poème à la mémoire de son oncle. Il n’a pas manqué, notamment, l’occasion de chanter un couplet de la chanson Adrouhegh.

La cérémonie c’est poursuivie avec le chantre Karim Becha qui a repris quelques chansons du répertoire d’El Hasnaoui, tel que Arwah Arwah, Ya tayriou, Yema Yema. Quant au troisième chanteur, Hakim Tidaf, il a lui aussi interprété des chansons d’El Hasnaoui et des chansons de son propre répertoire.
Cette cérémonie a été aussi l’opportunité pour les personnalités de la scène artistique, citant à titre d’exemple Réda Domaz, ainsi que les personnes qui ont connu feu Hasnaoui de donner leurs appréciations sur le défunt.
Le président de l’association “Casbah” Ali Mebtouche, a tenu à préciser que son association a fait des demandes pour baptiser certaines rues des noms de cheikh El Hasnaoui et Slimane Azzem, mais leurs demandes ont été rejetées. Par contre, il a donné une bonne nouvelle aux présents, c’est qu’un théâtre portera le nom d’El Hasnaoui prochainement.

De son vrai nom, Mohamed Khelouat, plus connu sous son nom de scène Cheikh El Hasnaoui, qui lui a été donné par le génie en son temps dans le milieu musical Mohamed Iguerbouchène, par référence à sa région natale (Ihasnaouène) où il est né en 1910, au village de Tadart Tamuqrant, situé au sud de la ville de Tizi Ouzou, Cheikh El Hasnaoui est considéré comme une figure de proue dans son genre musical et tout aussi un symbole de l’Algérie réconciliée avec ses identités.
Il a quitté l’Algérie par… dépit, amoureux, follement épris d’une prénommée Fadhma, omniprésente dans ses “œuvres”, il se serait vu refuser la main de la belle parce qu’il était pauvre et sans situation stable. Écœuré, il prend le large et, à l’instar de pas mal de ses collègues, entame sa carrière artistique dans les cafés maghrébins, transformés chaque samedi soir et dimanche matin en salles de spectacles.

En effet, le chanteur alterne dans ses compositions, l’arabe dialectal et le tamazight. Cheikh El Hasnaoui, souvent associé à un titre majeur intitulé La Maison Blanche, s’illustre dès l’année 30 en créant son style reconnaissable à sa cascade de voix grave, aux sonorités lancinantes du banjo et à ses textes qui évoquent la douleur sentimentale. Pour preuve, son cœur battra toujours pour son premier amour Fadhma. Avant tout, il était un auteur à textes, un poète doué doublé d’un grand guitariste. Il se distinguait particulièrement par sa voix caractéristique, éraillée et profonde, d’un écorché vif. Il s’exile en France en 1937, mais surtout pour pouvoir enregistrer et produire des microsillons.
Le thème de l’exil est souvent traité dans ses compositions, il constituera par ailleurs une grande partie de son oeuvre. C’est dans le Paris des années 30, lorsque s’implantent les rythmes clavés afro-cubains qu’il se laisse séduire par ces musiques d’Amérique latine en utilisant certains rythmes dans ses propres compositions. Après l’Indépendance de son pays, il se produit dans les milieux de l’émigration, aux côtés de jeunes vedettes de l’époque, dont Akli Yahyatène.

En 1970, il décide brusquement d’interrompre sa carrière, jugeant sans doute impossible de continuer à se produire dans les cafés où les ouvriers qui assistaient aux concerts s’adonnaient de plus en plus aux boissons alcoolisées. Il avait alors 60 ans.
Hadj El Anka, El Hadj Mrizek, Kaddour Cherchali, qui l’a toujours accompagné au banjo, et Mohamed Temmam, le célèbre miniaturiste et violoniste, ont été ses artistes les plus appréciés.
Loin des siens, Cheikh El Hasnaoui est décédé en 2002 dans l’Ile de la Réunion. Les jeunes qui ne l’ont pourtant pas connu l’estiment et apprécient ses chansons. C’est aussi le cas des chanteurs qui le considèrent comme référence, chose qui les mène à reprendre des chansons de son répertoire.

 

par Kafia Aït Allouache

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