Si Mohand U M'hand revisité à Annaba

UN COLLOQUE NATIONAL LUI EST RÉSERVÉ

Le Soir d'Algerie 29/03/2008

«Amokrane choua’ra» (le grand des poètes), Si Mohand U M’hand était à l’honneur en cette fin de semaine à Annaba. En effet, un colloque national lui a été consacré au Palais de la culture Mohamed-Boudiaf de la ville d’Annaba. Des hommes de culture, des chercheurs, des enseignants universitaires représentant de nombreuses facultés du pays et des officiels ont pris part à cet hommage pour un homme qui a marqué la poésie populaire algérienne de son empreinte.

Un cadre central du ministère de la Culture, institution qui a pris l’initiative d’organiser cette rencontre en collaboration avec la Direction locale de la culture, a estimé, à l’ouverture de cette manifestation, que le choix de la ville d’Annaba pour abriter ce colloque n’est pas fortuit. Il révèle, a-t-il souligné, la place privilégiée qu’avait réservée le poète à l’ancienne Bône, particulièrement à l’hospitalité de ses habitants, et qui s’est traduite par plusieurs de ses poèmes dédiés à cette région de l’Algérie sous occupation française durant les dernières décennies du XIXe siècle. Le Rebelle, qui sillonnait à l’époque les villes et villages du pays et même des contrées du Maghreb à pied, a été contraint à l’exil ainsi que sa famille par le colonisateur qui a assassiné des milliers d’Algériens, dont le père de Si M’hand, et détruit des villages entiers de la Kabylie, au même titre que ceux du reste du pays, chassant leurs habitants et s’appropriant leurs biens. Les poèmes de Si M’hand, stigmatisant l’ordre colonial abject, constituent un haut fait de poésie comme il y a de hauts faits d’armes. Ils décrivent avec force, les répressions, terreurs, tortures, liquidations, fusillades, massacres, pendaisons et autres enfumades qu’a eu à endurer son peuple. Ces méfaits, rendant la situation sociale de ses concitoyens intenable, ont été dénoncés par le barde dans des vers spontanés d’une sensibilité remarquable, ayant traversé le temps et qui font aujourd’hui encore le bonheur des puristes du verbe noble. Ces vers portent la marque de ses souffrances et son errance depuis qu’il était tout jeune. Ils racontent son passé où s’emmêlent les souvenirs d’enfance et la tradition orale. Certains de ses vers sont devenus proverbes populaires utilisés même de nos jours.

A signaler qu’une soirée artistique animée par des chanteurs des genres kabyle, chaoui et chaâbi a clôturé, jeudi soir au théâtre régional Azzedine-Medjoubi d’Annaba ce colloque dont l’organisation doit devenir une tradition, selon le vœu de tous les présents.  

par Mohamed Ali Khellaf

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