Izenzaren Iqvayliyen

Les ciseleurs de la finesse

Izenzaren Iqvayliyen
Les ciseleurs de la finesseDans un pays où la libre expression artistique est gérée selon l’applaudimètre à la politique officielle, quand l’art est brimé et la censure écrase la création, des femmes et des hommes de culture résistent. Loin des ces avanies, des circuits échappent au contrôle et des voix sublimes et contestataires s’émancipent. C’est le cas du groupe de chant kabyle Izenzaren Iqvayliyen (les rayons de soleil).

Exclus de toutes les manifestations culturelles, ils domptent le public malgré le poids de la censure. En seulement quatre albums, ils s’imposent dans un univers où leur quotidien est fait de combat inlassable contre un système qu’ils dénoncent à tout bout de champ. Fawzi, l’interprète, Lekrim le musicien et Mourad le poète. Trois amis de longue date mais qui font un. Après une expérience avortée en 1986, ils ont décidé de reprendre le chemin du studio depuis seulement cinq ans. “Nos thèmes de prédilection se résument à apporter une opinion sur la vie politique et sociale du moment”, dira Fawzi Ould Mohand, interprète du groupe. Pour lui, il est insensé de rester “les bras croisés” devant la situation que vit le pays, et notamment leur région, la Kabylie. “La chanson engagée est un moyen pour dénoncer les dérives des politiques”, souligne-t-il encore. “La chanson engagée est en nous”, précise-t-il. “Elle nous suit comme la mort”, justifiera-t-il leur choix pour ce genre de chanson. Pour résumer ses dires, il ajoute que “notre combat est mené par des artistes. Nous nous inspirons de Ferhat, Matoub, Ideflawen… Ces gens ont défriché le terrain et c’est à nous de continuer leur engagement”. “Le fait que des artistes fuient ces thèmes de peur d’être censurés nous oblige d’abord à perpétuer le combat des anciens et ensuite maintenir vivace la flamme du combat”, a-t-il ajouté.

Les textes chantés par le groupe sont sans concession. Ils abordent la situation politique du pays. Sans détours ni artifices, “ils descendent en flammes”, un système qu’ils considèrent comme “une vraie menace sur la culture amazighe”. Des textes ciselés toute en finesse, Izenzaren ne laisse rien au hasard. En des termes crûs, limpides et directs, leur poésie constitue leur fer de lance. Ils portent la voix du peuple, un peuple dont ils sont issus. Ils le protègent, ils défendent ses idées et le mettent en marche pour reconquérir ses droits. À propos des musiques, Fawzi explique que les compositions sont l’œuvre de tous les membres du groupe. “Nous nous inspirons du moderne pour composer des musiques qui vont avec les thèmes chantés”, explique-t-il. Azekka n-tudert (la tombe de la vie) est leur dernier album, ils sont d’ores et déjà sur un nouvel opus qui ne manquera pas de secouer bien des certitudes chez des artistes gagnés par l’indignité imposée par un système culturel sclérosé.

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