Poème de Cherif Kheddam

Chanté en duo par Ch. Kheddam et Nouara

La dépêche de Kabylie 14/02/2008

Ruh sel itjur ma cfant

" Va écouter les arbres s’ils en gardent souvenir.
Quand je me rappelle, mon cœur larmoie !
Le grand frêne est toujours là :
S’il pouvait parler, il a bien quoi raconter.
Les oiseaux sur la treille
Se mettent de la fête pour se mêler à notre joie.
Combien furent doux ces moments !
Témoigne, ô pierre, si je mens !

Le bon sens sert de fondement à la vie
C’est lui qui résout les problèmes.
S’il se montre tortueux, les lampions s’éteignent,
Tu vivras dans les ténèbres.
Si tu ne tends pas le regard vers l’avenir,
Tu seras entraîné dans le sillage des gens dupés.

-Le bon sens à lui seul ne suffit pas,
À trop le suivre, on se fourvoie.
Il cherche à honorer son devoir,
Mais il a besoin de conseillers.
Il finit par arracher son dû
Sans avoir à trop peiner.
Ce qui, en lui, vaut contrariété,
C’est qu’il manque de constance.

-Mon cœur est hanté par l’angoisse
Lorsque je me rappelle notre jeunesse.
Je garde en moi tout ce que tu m’as dit ;
Je le répéterais si je le pouvais.
Tu redoutais, comme si tu en étais avertie,
L’issue de notre chemin.
Dans le rêve, tu étais bien avec moi,
Au réveil, ce fut la séparation.

-Comme j’aime plonger dans les souvenirs,
Même si j’en crains les retombées sur mon cœur !
Comme si j’attendais quelque chose,
Même si je sais que tout est perdu.
Je n’en ai soufflé mot à personne.
Je n’ai plus de compagnon.
Il me reste une personne à qui faire mes confidences :
Toi, qui représentes mes ailes !

-La séparation ne vient ni de toi ni de moi ;
Nous n’avons rien à nous reprocher.
Si tous les gens étaient comme nous,
Jamais nous n’aurions un quelconque ennui.
Lésés, nous en restons hébétés.
C’est la loi des temps maudits !
Le jour s’achève, le soleil décline ;
Comprenez, ô gens, et souvenez-vous-en".



2-Matoub Lounès

Les ailes brisées

Vois ce que les jours nous ont réservé !
Si je m’étais bien conduit à ton égard,
Aujourd’hui, je ne serais pas resté seul.
Mon cœur par le péché est aveuglé
Et par les peines démembré.
Dans le désert, je me suis brisé les ailes.
Les vautours se sont attaqués à ton sort ;
Personne ne les en a délogés ;
Ils l’ont dépecé en plein jour.
Si tu avais heureuse fortune,
Tu ressemblerais à tes congénères :
Tes ramures porteraient ombrage.

Mieux eut valu ne pas te rencontrer.
Si l’on ne s’était pas donné parole,
Je me serais bien résigné.
Ton ciel se charge de gros nuages,
Et un fleuve de soucis
Te lapide par le souvenir.
Moi, je suis de fer et ton péché est l’aimant.
La fougue hante tout mon être ;
Elle ne cherche que moi.
Aujourd’hui, tu as un enfant ; grand bien te fasse !
Moi, comme un oiseau,
Partout on m’a tendu des pièges.

Sur mon cœur j’ai placé une pierre ;
Présentez vos condoléances :
il est mort.

J’ai laissé mon cœur livré aux algues qui le rongent
Et me disais que la jeunesse est encore à vivre.
Or, qu’il est pour moi trop tard,
Traîné dans les crues !
Mes flancs copieusement souillés,
Je plonge dans le giron de la tourmente.
Fut-ce en payant forte rançon,
Je ne saurais sauver mon âme.
Aveuglément, j’ai suivi les conseil des ennemis ;
Mes problèmes s’en sont enchevêtrés,
Et ma voix s’est perdue dans un puits.
Ma voix s’est perdue dans un puits,
Personne ne pourra m’entendre si je crie.

Sur mon cœur j’ai placé une pierre ;
Présentez vos condoléances :
il est mort.


Traduit :  

par Amar Naït Messaoud

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