Avant-première du film de Si El Hachemi Assad à Béjaïa

Hommage à Mohand u Idir Aït Amrane


Hommage à Mohand u Idir Aït AmraneLe film documentaire «Le fils de l’Amazigh vivra» de Si El Hachemi Assad, en hommage à l’un des pionniers du Mouvement national et militant de la cause berbère, Mohand u Idir Aït Amrane, a été projeté en avant-première, jeudi dernier, à la maison de la culture Taos Amrouche de Béjaïa.

Devant une salle bien remplie, le président du HCA (Haut commissariat à l’amazighité) a présenté sa première œuvre cinématographique, mais sa deuxième en hommage à titre posthume au poète et écrivain Mohand u Idir Aït Amrane, après lui avoir dédié le livre Itinéraire d’un homme de culture», disponible dans les librairies depuis le début de l’année en cours.

Le film est un concentré d’informations sur la vie intellectuelle et militante de celui qui fut le premier à être à la tête du HCA. Si El Hachemi Assad a écumé plusieurs endroits du pays où l’homme avait vécu, à la recherche de témoignages. Il s’est basé sur des archives et des témoignages de proches, de compagnons de lutte et de personnes ayant à leur actif des travaux sur la vie et parcours de l’auteur de Ekker ammis oumazigh, tels que Sadek Hadjerès, Saïd Chibane, Malha Ben Brahem, Mohamed Harbi…

«Le film est un coup de projecteur sur des zones d’ombre de la vie d’Idir Aït Amrane, un nationaliste de la première heure et défenseur ardent de l’identité berbère qui est, à mon sens, un oublié de l’histoire», a déclaré Si El Hachemi Assad à la projection-débat. Né en 1924 à Ath Ouacif, dans la wilaya de Tizi Ouzou, Mohand u Idir Aït Amrane est un poète de talent, écrivain – il a légué plusieurs textes engagés sur la culture amazighe et autres –, et fervent défenseur de la culture et de l’identité amazighes. A dix ans, Idir Aït Amrane quitte son village natal pour aller poursuivre sa scolarité à Tiaret, puis à Alger.

D’abord au lycée Bugeaud (actuel Emir Abdelkader), et par la suite, en 1945, au lycée de Ben Aknoun aux côtés de Hocine Aït Ahmed et Amar Ould Hamouda, Omar Oussedik, Sadek Hadjerès et Ali Yahia Rachid. L’homme découvre très jeune le sentiment nationaliste et les misères de la colonisation, ainsi que le combat identitaire.

Mohad u Idir Aït Amrane est détenu durant la guerre de Libération nationale pour n’être relâché qu’après l’indépendance de l’Algérie. C’est à ce moment-là qu’il se découvre un talent pour l’écriture et la poésie et qu’il produit certaines de ses plus belles œuvres à l’image de Ekker ammis oumazigh (Réveille-toi fils d’amazigh), ou encore Ghouri ywen oumdakel (J’ai un ami). Il intègre le PPA-MTLD en 1946, crée une cellule militante à Tiaret et participe aux élections législatives de 1947, avant de se retirer du parti en 1949.

Emprisonné par l’armée française pour son implication dans la guerre de Libération nationale, il ne sera relâché qu’après l’indépendance. Il fut nommé député à la première Assemblée de l’Algérie indépendante, puis wali d’El Asnam (ex-Orléansville), avant de terminer sa carrière en beauté à la tête du HCA. Il décède le 31 octobre 2004, à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui une œuvre d’une importance et d’une valeur inestimables.

Le film documentaire de si El Hachemi Assad retrace d’une manière poignante cette vie mouvementée, partagée entre deux engagements, celui intellectuel et artistique au service de l’identité berbère, et celui, inconditionnel, dans la lutte pour la libération de l’Algérie. Il sera diffusé prochainement dans les salles de cinéma. Techniquement, le film de Assad (son premier) est une réussite dans la mesure où l’alternance des images et des discours, joliment doublés de la musique recherchée de Abderrahmane Amalou, forme un tout à la fois fluide et captivant. Il débarquera très bientôt dans les salles de cinéma.

El Watan  
 

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