Les anciens motivent les débutants !

DEUXIEME SALON NATIONAL DE LA SCULPTURE À BATNA

Le soir d'Algerie 24/11/2007
Rassembler les sculpteurs autour de leurs œuvres était un rêve. Ce rêve est devenu une réalité, selon les responsables de l’association des arts plastiques Prisma. Ils étaient une quinzaine de participants à ce nouveau rendezvous avec l’art, Farida et Ikène Mourad de Tizi Ouzou, Boufersaoui Belkacem et Massen Mohamed d’Alger, Gouichiche Yamina de Tiaret, Sebane Kada d’Oran, Mechati Toufik de Constantine, Sebaâ Khaled de Khenchela, Zireg Kamel, Messaoudène Hamoudi, Amedah Leïla, Mimi Hafida de Batna, à répondre à l’appel.

 

Des œuvres de toute beauté, de styles différents, en bois, métal, marbre, bronze, pierre… et des créations géniales, à l’image de la momie de Louiza de Tizi-Ouzou, rehaussée d’une armature couverte de filasse, ou encore la femme berbère de Hafida Mimi composée avec uniquement des épingles. Ce salon qui attiré du beau monde mais aussi et surtout les étudiants de l’Ecole des beaux-arts de Batna avec même une visite étude encadrés par les professeurs Taleb, Skander… a rassemblé ainsi, à côté des grands maîtres tels Demagh Mohammed, qui n’est pas à présenter ou encore Boufersaoui Belkacem, ancien professeur de sculpture à l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger, vingt-ans rien qu’en Russie… des jeunes faisant leurs premiers pas tels Khaled Sbaâ de Constantine, Mimi Hafida, Amedah Leïla et Messaoudène Hamouda de Batna.
Si toutes les œuvres ont suscité un grand intérêt du public et des connaisseurs, la statue du martyr Boussouf sculptée par Fersaoui Belkacem a impressionné et l’attention s’est porté surtout sur le visage et aussi le cartable dont cet homme historique ne s’est jamais séparé. Conférences et débats ont marqué aussi ce salon et long était le débat suscité par l’autodidactisme dans l’art. Boutrid Farid nous dira que son choix du thème a été motivé par les rivalités existantes et persistantes entre ceux qui ont suivi un cursus universitaire et ceux ayant appris par eux-mêmes (autodidacte). Il dira ce qui caractérise les deux était le savoir, et la nuance, poursuit-il, réside seulement dans le comment de l’acquisition dudit savoir. Farid Boutrid, trésorier de Prisma, notera qu’il faut avoir un minimum de connaissances, un don, l’inné et l’expérience, des conditions nécessaires mais insuffisantes. «Ceux qui se complaisent dans leur autosuffisance resteront à jamais des artisans de l’art», conclut-il.
De l’ouverture officielle du salon, par le wali qui a suspendu une réunion de travail pour assister au vernissage, et jusqu’à la reprise des œuvres par les artistes en passant par des excursions sur les sites archéologiques de Tazoult et Timgad, sans oublier les réceptions, la distribution des prix, des médailles, la rencontre a été enrichissante pour tous.

 

 

INTERVIEWS

Boutrid Farid au Soir d'Algérie

 

Au vu du caractère un peu particulier du thème abordé, «L’autodidactisme dans l’art», et le débat suscité, nous avons tenu à apporter quelques explications.

Le Soir d’Algérie : Lorsque vous dites n’est pas artiste qui veut, vous insinuez quoi au juste ?
Farid Boutrid : Si nous admettons que l’art tend à reproduire la vie pour nous rappeler ce qui a été intéressant à une époque donnée, nous devons reconnaître que cette tâche de reproduction de la vie, de l’histoire, d’explication et de jugement, est loin d’être aisée, d’où le titre de cette approche.

Revenant à l’autodidactisme dans l’art…
L’autodidacte est par définition celui qui a acquis un savoir par lui-même. La nuance réside dans le comment ? C’est pourquoi nous disons qu’au don, à l’inné et à la sensibilité, il faut ajouter «le savoir scientifique». Comme il est admis que l’on apprend à tout âge. Tout devient possible pour l’autodidacte à condition d’avoir à l’esprit cette terrible sentence de Bouddha : «Le temps est un bon maître qui finit toujours par tuer ses élèves.» C’est vous dire qu’on a toute la vie pour apprendre, à condition…

Justement qu’en est-il de celui qui se satisfait ?
Ceux qui se complaisent en se leurrant avec une fausse et prétentieuse autosuffisance resteront à jamais de simples artisans de l’art.

Un mot sur ce second Salon de la sculpture...
Avec un Massen, un Boufersaoui et la baraka de Demagh, je peux dire que ce second Salon a gagné en professionnalisme. Il s’est enrichi par l’apport en notoriété, en œuvres nouvelles, en plus de la découverte de jeunes talents.
H. M.


 

Mohamed Najib Bensaâd, commissaire du 2e Salon national de la sculpture au " Soir d'Algérie "

 

Le commissaire du Salon et président de Prisma est satisfait de la continuité de la manifestation culturelle. Il est aussi fier de voir que l’une de ses œuvres figure sur l’affiche de ce grand évènement.

Le Soir d’Algérie : Peut-on considérer que la réussite du Premier Salon a retardé le second ?
Mohamed Nadjib Bensaïd : Il est très difficile d’assurer la continuité sur le plan de la bonne organisation, des financements, du choix des œuvres… Comme il a été difficile de ne pas répondre à un grand nombre d’artistes désirant y participer.

Pourquoi n’avoir pas arrêté un thème pour la circonstance ?
Il nous a été déconseillé d’arrêter un thème, cela aurait été réducteur au moment où notre politique est d’ouvrir les portes à un maximum d’artistes.

De grands noms de sculpteurs, de nouvelles œuvres et de nouveaux talents, en un mot c’est la grande satisfaction, n’est-ce pas ?
Notre devise «Nouveau et renouveau» se vérifie par le rassemblement des grands de cet art qui s’enrichit d’année en année. Il est loin le temps où seul Houfani et Demagh touchaient à cet art. Leur mérite est d’avoir semé la bonne graine. Nous sommes une dizaine actuellement à Batna avec de nouveaux noms pour cette rencontre.

Prisma, créée par des artistes peintres, a-t-elle été détournée de sa première vocation ?
Absolument pas. Avant ce Salon, il y a bien eu une exposition de tableaux le 27 octobre dernier, Journée de l’immigration. Nous continuerons à œuvrer pour le développement de l’art et à revendiquer une galerie, un musée, l’acquisition d’œuvres… Nous sommes prêts à marquer l’environnement de nos empreintes par des réalisations au niveau des communes, des wilayas à l’instar de l’hommage de Boufersaoui au martyr Boussouf, une œuvre répondant aux vœux de la wilaya de Mila.

Propos recueillis par H. M.  

par Houadef Mohammed

Agenda

December 2020
M T W T F S S
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3