“OURNID AKERNIGH” AU 6e FESTIVAL NATIONAL DU THEÂTRE AMAZIGH

C’est quoi ce cirque ?    

 
“Ournid Akernigh” du TR Batna
A la veille de la clôture de la sixième édition du Festival culturel national du théâtre amazigh, l’affluence bat tous les records puisque les spectacles se jouent à guichets fermés. Le verrou de langue n’est qu’un mauvais souvenir. Après Azouz Abdelkader de Tamanrasset et Okbaoui Cheikh d’Adrar, c’était au tour du jeune et non moins talentueux Fouzi Benbrahim de présenter la pièce dont il est le metteur en scène, produite par le Théâtre régional de Batna. Sous un titre ô combien évocateur et provocateur “Ournid akernigh” (en veut-tu en voilà), s’intéresse à un maire et ses collaborateurs dans un village sans nom.

Fouzi Benbrahim exagère les traits, rajoute une couche et ne se gêne point de caricaturer des personnages qui se prennent à la limite des bouffons. Un décor qui rappelle un petit cirque ambulant de campagne qu’on peut voir un peu partout, c'est-à-dire ni lieu ni moment précis. Aucun meuble, au contraire une scène presque nue hormis une coupole (cage) en acier où se donnent rendez-vous les différents protagonistes : administrateurs et administrés, élus et citoyens, comploteurs et victimes. L’histoire : un maire et ses adjoints, en réalité un chef de bande et ses acolytes, dans des costumes de clowns mènent les affaires de sa petite communauté comme bon lui semble.
Ses compères ne jurent que par ce “raïs”. Des citoyens commencent à prendre conscience qu’ils sont menés en bateau et veulent que ça cesse. Vient la question qui tue : comment faire pour stopper une bande, aussi cupide que lâche ? De plus, “l’administration” s’est trouvée un allié inespéré : la religion.
Le maire a pris soin de s’offrir les services d’un religieux aussi véreux que comique, qui autorise toutes les dérives de son maître. Mais la conscience n’est pas morte, juste assommée, inhibée et meurtrie. Elle se réveille. La pièce est une réussite grâce à l’apport personnel du jeune metteur en scène quant au texte, à un angle de vue frais et innovateur.
C’est un théâtre vivant et en chaoui. Les comédiens n’ont point démérité, au contraire, ils ne se sont pas contentés de jouer, ils ont incarnés les rôles.

Ramzi Gueja qui a interprété le rôle du maître a été longtemps ovationné par le public  et pour cause, aussi bien dans le texte que dans le geste, le comédien a reproduit fidèlement la caricature, les déboires et la chute d’un petit nabab qui se croyait invisible. On n’a pas fait mieux depuis Carnaval fi dechra.

R. H.

Liberté

 

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