YENNAYER DANS LES AURÈS

Un programme diversifié pour fêter le nouvel an

 

Plusieurs villes des Aurès fêtent Yennayer cette année. Si le programme d’activités le plus important est celui d’Oum El-Bouaghi, il n’en demeure pas moins que Batna, Khenchela, Tébessa… fêteront le nouvel an berbère 2965 en musique, à travers des conférences ou des expositions.

YENNAYER DANS LES AURÈS

Des siècles durant, le nouvel an berbère s’est fêté à la manière d’un rite, sans fanfare ni porte-voix, pourtant cette pratique plurimillénaire est un patrimoine immatériel inestimable, puisqu’il fait partie d’une culture et d’une identité qui ont refusé l’oubli et la mort.

C’est dans l’arrière-pays, dans les zones les plus recluses que cette fête liée aux différentes saisons de l’année (calendrier agricole) avait trouvé refuge. Les Chaouis du grand Aurès ont su et pu perpétuer cette pratique, une sorte de témoin et message laissé par les anciens. Si de nos jours et depuis une dizaine d’années, Yennar – sachant que l’appellation change d’une région à une autre (Yennayer, Nayyer) – ne cesse de prendre l’ampleur, puisque la fête n’est plus confinée dans les zones rurales, si elle est plus présente que jamais et fêtée dans ces mêmes zones rurales, elle semble déteindre sur le voisinage et même dans les lieux les plus lointains et qu’on n’imaginait jamais pouvoir sensibiliser pour redonner vie à cette fête. Aujourd’hui, aussi bien dans la wilaya de Batna que dans les wilayas limitrophes (Biskra, Khenchela, Oum El-Bouaghi et Tébessa), des programmes consacrés à cette festivité ont été élaborés et qui s’étaleront sur 5 jours, c'est-à-dire du 9 au 13 janvier. A Batna ville, plus précisément à la maison de la culture, un riche programme est déjà en cours grâce à la contribution de plusieurs associations. Dans la commune de Zoui (wilaya de Khenchela), c’est l’association Thamoussini (le savoir) pour la sauvegarde du patrimoine populaire et la créativité qui a pris l’initiative d’organiser les festivités de Yennar. Au programme des soirées de chants et musique chaouis, conférences et débats avec des spécialistes en histoire, mais aussi dégustation de plats et mets, préparés à cette occasion.

Dans la ville de Tébessa, c’est l’association culture et art ainsi que la direction de la culture qui prennent en charge l’organisation du nouvel an amazigh pour la deuxième année consécutive. Une importante exposition aussi bien de photographies que d’art plastique a eu lieu au hall de la direction de la culture, où les citoyens se sont rendus en masse, cependant c’est le déplacement (visite guidée) au lieudit Bir El-Kahina qui a constitué le moment fort de cette célébration.

Enfin, à Oum El-Bouaghi, toute désignée pour être la capitale auressienne de cette fête de Yennar, le plus grand rassemblement aura lieu le 13 janvier 2015 où des milliers d’invités sont attendus. Au programme, une pléiade d’artistes chanteurs, artistes peintres, conférenciers et poètes de toutes les régions des Aurès. Par ailleurs, si la cérémonie est à peu près fêtée le même jour, entre le 12 et 13 janvier, et si de grandes similitudes et pratiques existent entre les villes, des singularités et particularités restent comme le témoin d’une richesse que les Chaouis entretiennent depuis la nuit des temps : thimgharine (les anciennes, les femmes plus âgées) s’attellent au nettoyage de la maison et au changement des pierres en bas de la cheminée, mais aussi à la préparation d’un dîner familial où les enfants seront les mieux servis, la visite chez le coiffeur pour les tout petits, de belles histoires que grand’mère raconte pour la énième fois où les héros portent des noms bien de chez nous.

R. H.

Liberté 

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