Hommage à Cherif Kheddam au palais de la culture Moufdi-Zakaria

Le Maître ressuscité par l’Orchestre national de variétés


Exceptionnelle et émouvante a été l’ambiance ayant régné durant la soirée organisée dimanche dernier au palais de la culture Moufdi-Zakaria en hommage au regretté chef d’orchestre et artiste Cherif Kheddam.

Organisée sous l’égide de la ministre de la Culture, Nadia Labidi, cette halte a été une occasion pour ressusciter une grande figure de la culture algérienne à travers ses oeuvres, interprétées par une pléiade de jeunes chanteurs, dont Dji Dji, Bralim Tayeb, Nouria Yamine, sous la baguette du maestro Farid Aouameur, qui dirige depuis quelques mois l’Orchestre national de variétés rattaché à l’Orchestre symphonique national.

Un ensemble de choristes était également présent pour entonner les plus beaux refrains des compositions de l’artiste, tout en assurant chacun d’eux une oeuvre en solo ou en duo. Ould Slimane, Boubekeur Kherraz, Rahima Khelfaoui, Celia Ould Mohand, Catea Aït Hamouda et Youcef Lazali se sont succédé pour interpréter des oeuvres de l’artiste méditant son génie créatif.

C’est sur une composition du maestro Farid Aouameur, intitulée Dda Chérif, que s’est ouvert le bal, avant que les chanteurs précités ne se donnent du plaisir à reprendre Chérif Kheddam dans les meilleurs titres qui auront marqué son parcours exceptionnel d’auteur, de compositeur et d’interprète telles que Loukan Adoughal Themzi, Win ith ouzzadh Yedjaq Irouh, Thirga Ou Fennan, également, Yewâar Adhetsough, Nemfaraq Ourenkhemmem, A Lemri, et Yemma.

Evoquant l’amour, la patrie, la beauté des paysages, l’exil, le voyage, l’attachement à la culture ancestrale et le souhait de voir l’Algérie prospérer, la plume de Chérif Kheddam a souvent été métaphorique, pleine d’images et allusive. Et pour clôturer, l’ensemble des artistes (chanteurs et choristes) ont rejoint une dernière fois la scène pour chanter ensemble El Dzaïr inch’Allah atehlou (1996), un des derniers titres écrits, composés et interprétés par Chérif Kheddam, appelant à la paix en Algérie.

Le maestro Farid Aouameur, conscient de l’importance que revêt un tel hommage, a su donner de la hauteur à son sujet, usant de tous les plans harmoniques et toutes les possibilités rythmiques afin d’extraire la quintessence contenue dans chaque titre et la rendre au public dans des formes nouvelles.

Dans de belles distributions polyphoniques, les instrumentistes de l’Orchestre national algérien de variétés ont brillé de maîtrise et de technique, montrant à travers leurs partitions toute l’étendue du talent de Dda Cherif et son génie créatif. Le public, homogène et attentionné a savouré tous les moments de la soirée dans la délectation et le plaisir de raviver le souvenir d’un homme qui aura offert sa vie au service du patrimoine culturel de son pays.

Né en 1927, Cherif Kheddam est un des monuments de la chanson algérienne d’expression kabyle, avec à son actif plusieurs chefs d’oeuvres qu’il a composé, écrit et interprété. Son legs musical, élevé au rang d’école, Cherif Kheddam a laissé derrière lui une carrière artistique fulgurante, plus d’un demisiecle qui a servi de modèle à des artistes aujourd’hui célèbres et continue d’éclairer les jeunes chanteurs.

Il est décédé le 23 janvier 2012 à Paris et enterré dans son village natal, à Boumessaoud (Aïn-El- Hammam). Pour rappel, cet hommage consiste trois concerts. Après celui d’Alger, ce sera au tour du public de la ville des Genêts de savourer l’art de l’auteur d’Alemri au théâtre Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou et le lendemain, le public de Vgayeth Thelha remplira l’enceinte de la maison de la culture pour honorer la mémoire de celui qui a consacré une de ses meilleures chansons à la coquette Béjaïa.

 

Le Midi Libre   

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