Notice: unserialize(): Error at offset 544731 of 544735 bytes in /home/magicphotos/berberes.com/libraries/src/Cache/CacheController.php on line 182
il y a 53 ans étaient assassinés Max Marchand, Mouloud Feraoun et leurs compagnons : Des références d’humanisme

il y a 53 ans étaient assassinés Max Marchand, Mouloud Feraoun et leurs compagnons : Des références d’humanisme


Mouloud Feraoun, le grand écrivain algérien assassiné à Alger le 15 mars 1962Ils étaient engagés pour les idées républicaines, aussi pour l’indépendance de l’Algérie, mais dans une relation apaisée avec la France et entre les communautés.

C’est en tout cas ce que retient l’histoire, 53 ans jour pour jour après le tragique assassinant perpétré par l’OAS à El Biar dans une tentative, note Guy le Néouannic, président de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, «de porter un ultime coup à l’espoir de coexistence des deux communautés, à trois jours du cessez-le-feu consacré par les Accords d’Evian».

Cette association a milité pendant des années pour une reconnaissance officielle, côté français, du combat de ces martyrs, morts en défendant les valeurs universelles de dignité humaine. Chose faite. En décembre 2001, les noms de Max Marchand et Mouloud Feraoun ont été donnés officiellement à une salle du ministère français de l’Education. Jack Lang, et l’homme politique français Jean Luc Mélenchon, en poste à l’époque (ministre de l’Education pour le premier et ministre délégué pour la Formation professionnelle pour le deuxième), ont présidé la cérémonie et à l’apposition de la plaque commémorative portant l’intégralité des six noms, en présence des proches et amis des victimes.

Il s’agit par ordre alphabétique de Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hamoutene, Max Marchand et Salah Ould Aoudia. «Ils voulaient qu’une Algérie libre et indépendante vive en relation pacifique avec la France réconciliée avec ses vraies valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité», déclarait alors Jack Lang, qui a tenu une promesse faite auparavant. Un large compte rendu de cet événement a été publié dans le bulletin d’information (numéro spécial) paru en mars 2002.

En Algérie, en sa qualité d’écrivain, Mouloud Feraoun est connu, mais les autres beaucoup moins. Les centres sociaux éducatifs ont été créés en 1957 à l’initiative de la célèbre Germaine Tillion, et c’est l’exemple de cette dame de grande valeur que les  six inspecteurs (entre autres) des CSE ont suivi. Elle leur rendra d’ailleurs un vibrant hommage dans les colonnes du quotidien Le Monde au lendemain de l’attentat. Après l’indépendance de l’Algérie, chaque année, depuis 1963 jusqu’aux années 1980, la commémoration de la date fatidique a été répétée sans interruption à l’initiative des enseignants syndicalistes français et algériens.

Une autre initiative non officielle a été marquée pour le 30e anniversaire (1992), côté français, avec une exposition organisée néanmoins sous le patronage de Lionel Jospin, lui aussi ministre de l’Education en poste à cette époque. Jean-Philippe Ould Aoudia, qui a déjà publié l’ouvrage intitulé L’assassinat de Château Royal, lui en a dédicacé un exemplaire que Lionel Jospin avait promis de lire avec intérêt. Spécifiant par ailleurs la qualité d’écrivain de Mouloud Feraoun, Jean Amrouche, qui a adressé un message à l’occasion de la commémoration du 12 décembre 2001, a écrit  : «Il lit et traduit en langage clair les remous profonds de l’avenir dans le ventre du présent.»  De son côté, parlant de Max Marchand (qui a d’abord, notons-le, officié à Oran), extrait de son journal, lu par Nesrine, Mouloud Feraoun, note : «Il est une espèce de moine laïc dont l’ascétisme et le regard me rappellent un peu Gandhi (…)» Instituteur au quartier déshérité de Clos Salembier, Salah Ould Aoudia a rallié les CSE sur invitation de Germaine Tillion qui, en septembre 1955, s’est rendue à son domicile à La Redoute pour le convaincre de rejoindre la première équipe d’enseignants des CSE, raconte Juliette Ould Aoudia, sa petite-fille.

Dominique Basset rappelle également, de son côté, le combat de son mari pour l’alphabétisation et l’éducation, elle-même ayant participé aux formations de base dans un village où la famille vivait. L’association rappelle, quant à elle, le rôle du syndicat des instituteurs et l’appel lancé dès 1960 en faveur d’une paix négociée, c’est-à-dire contre les tenants d’une Algérie française signé par des intellectuels de renom, dont Roland Barthe, Nathalie Sarraute, André Mandouze, les philosophes Maurice Merleau-Ponty et  Edgar Morin, Jacques
Prévert, Paul Ricœur, le mathématicien Laurent Schwartz et tant d’autres.

«Les historiens des deux rives de la Méditerranée doivent procéder à un travail commun d’examen de ce passé partagé avec tout l’esprit critique nécessaire», déclarait encore Jack Lang dans son discours d’inauguration, mais c’est le témoignage de Ahmed Hamoutene (son père était inspecteur d’enseignement primaire) qui résume l’esprit  de ce pourquoi les inspecteurs des CSE sont morts : «Les enfants de Ali Hamoutene dédient la force de l’amitié et de l’espoir aux peuples de France et d’Algérie.»


El Watan   

Agenda

November 2020
M T W T F S S
26 27 28 29 30 31 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 1 2 3 4 5 6