Emile Zola, le maître de la nouvelle

Littérature classique

La Dépêche de Kabylie 26/09/2007 Emile Zola, le maître de la nouvelle

Mallarmé, Maupassant s’enthousiasment pour son œuvre. “L’Assommoir” lui ayant apporté la prospérité, il achète, en 1877, une maison à Médan, au bord de la Seine.

Création de l’immense saga des “Rougon-Macquart”, Emile Zola n’en était par moins un maître de la nouvelle. Il manie à la perfection pathétique et dérision, ironie et réalisme, à l’image de son ami Maupassant. Son début intiatique dans l’écriture, il le fait comme journaliste. Ce qui lui permet de connaître le Paris corrompu de la fin de l’empire. Quelques années avant que n’éclate la guerre franco-prassienne, il signe “Thérèse Raquin”, un chef-d’œuvre !

Après l’éclatement de la Commune, au début des années 1870, il se consacre à sa fresque du second Empire, “les Rougon- Macquart”.
Il en a dressé l’arbre généalogique et met sur fiches tous les renseignements qu’il peut obtenir auprès de ceux qui ont connu les époques décrites. Pour écrire “l’Assommoir”, il erre dans Belleville, pour “Germinal”, il visite les corons…

Mallarmé, Maupassant s’enthousiasment pour son œuvre. “L’Assommoir” lui ayant apporté la prospérité, il achète, en 1877, une maison à Médan, au bord de la Seine. Il y accueillera ses amis “naturalistes” avec lesquels il publiera un recueil de contes sur la guerre de 1870, “Les soirées de Médan”.
En 1893, il fait paraître “Le docteur Pascal”, dernier tome de sa fresque. Vingt ans lui ont été nécessaires pour bâtir son œuvre, à raison d’un roman par an, en moyenne. Sa candidature à l’Académie française a été repoussée. Certains de ses romans ont provoqué des scandales. mais le talent de Zola est unanimement reconnu. Lorsqu’il voyage en Italie, son pays d’origine, il est reçu triomphalement par le roi et la population. En 1898, cet homme de 57 ans, au faîte de la gloire, lance un brûlot : son “J’accuse” (1898) sur l’affaire Dreyfus, publié dans le journal “L’aurore”. Il y dénonce les lacunes du procès. La France s’enflamme.

Anatole France, Octave Mirabeau, Marcel Proust, Jules Renard… se rangent du côté de Zola.

L’état-major assigne Zola en justice. Il est condamné à un an de prison. Zola se pourvoit en cassation. Mais il n’assiste pas à son second procès. Des amis le poussent à s’exiler. Il part pour Londres ses ennemis antidreyfusards triomphent.
Mais grâce à son “J’accuse”, les partisans de la révision du procès de Dreyfus se sont mobilisés. Le 3 juin 1899, la cour de cassation renvoie Dreyfus devant le conseil de guerre. Zola rentre le 5 juin. Il rencontre Dreyfus mais n’assistera pas à sa réintégration dans l’armée, quand il aura été innocenté en 1904.

Dans la nuit du 28 septembre 1902, Emile Zola meurt, asphyxié par les émanations de gaz de sa cheminée. Mort naturelle ou assassinat ? Quelqu’un aurait pu boucher la cheminée… l’enquête conclut à un accident. Zola, lors de l’affaire Dreyfus, a provoqué tant de haines qu’en haut lieu on craint une nouvelle affaire Zola.

A ses obsèques, la foule scande : “Germinal, Germinal…”. En juin 1908, son corps est transféré au Panthéon.
 

par Nacer Maouche

Agenda

May 2022
M T W T F S S
25 26 27 28 29 30 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31 1 2 3 4 5