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Algérie, le printemps reporté, de Rachid Oulebsir : Un roman trempé dans la désillusion

Algérie, le printemps reporté, de Rachid Oulebsir : Un roman trempé dans la désillusion

Le rapprochement est légitimé par le mélange des genres, la transgression des normes d’écriture classique, une déconstruction et une écriture qui fait sauter les frontières du tabou.

Algérie, le printemps reporté, de Rachid Oulebsir Sorti de l’imprimerie pour le compte des éditions Afriwen en janvier 2015, Algérie, le printemps reporté s’inscrit dans une spatio-temporalité algérienne. C’est l’histoire d’un «poète populaire» qui renaît parmi un «peuple fantomatique émergeant de l’abîme colonial» et qui sème, dans l’euphorie, sa parole prophétique. Le décor des «premières lueurs d’indépendance» est surréaliste, parsemé d’espoir, mais vite déchantant. Le narrateur se confond dans un «nous» collectif qui symbolise le peuple, «la plèbe» en quête d’une seconde vie. Un peuple happé par l’exode rural, soumis aux caprices des nouveaux maîtres… «Toute l’énergie des tyrans est déployée pour séparer les porteurs d’idées généreuses de la foule en attente de semence fertile !»

«Une écriture moderne, pas trop lourde, un peu à la Kateb Yacine !»

Le poète tombe dans les bras imposteurs des «bureaucrates», avant de retrouver son verbe rebelle, haranguant la foule et dénonçant la dictature. Dans la révolte populaire se greffe la graine islamiste et s’installe l’islamisme armé. Dans la foulée, Le Poète aux «idées subversives» est incarcéré. Quand Djoudi, le statisticien, soumet l’histoire du poète à l’appréciation de son ami cinéaste Ali le chauve, c’est sans encombre que le lecteur fait la découverte d’un nouveau récit, un récit dans un récit, un second niveau narratif, et une autre écriture plus proche du réalisme. Parce que Djoudi l’intello veut un roman avec «une écriture moderne, pas trop lourde, un peu à la Kateb Yacine !»

Cette mise en abyme se distingue avec deux récits et deux écritures avant que les niveaux narratifs ne se rencontrent à un point dans la narration. L’auteur a fait se croiser la trajectoire de deux personnages appartenant pourtant à deux récits fictionnels distincts. Tout comme Le Poète, son personnage principal, Djoudi, en compagnie de Zalamit, Fatsah, Saïd Marathon, Farid et toute la bande «d’intellos», est pris entre les griffes de l’intégrisme islamiste. Algérie, le printemps reporté rappelle à notre souvenir la bêtise humaine qui a fait son lot de victimes, dont «Tahar (Djaout, ndlr) le grand poète assassiné par un marchand de tôle».


Algérie, le printemps reporté, Editions Afriwen, 132 pages.
 
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