Colloque à la maison de la Culture de Tizi Ouzou


Cheikh Mohand Oulhocine au menu

La maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou a abrité, samedi et dimanche derniers, un colloque sur le célèbre poète et philosophe kabyle qui a marqué la deuxième moitié du IXXe siècle, cheikh Mohand Oulhocine.

Organisé par les éditions Le Savoir, en collaboration avec la direction de la culture de Tizi Ouzou, le colloque a vu la participation de plusieurs penseurs et chercheurs universitaires. Ces derniers ont tenu à apporter leur contribution sur le parcours de cheikh Mohand Oulhocine, dont le nom inspire encore la sagesse et la loyauté. Les travaux se sont ouverts ce samedi 29 janvier dans la matinée avec une projection de film et une exposition de livres, avant de laisser place aux conférences. Bella Sadek a entamé la journée avec une communication portant sur cheikh Mohand Oulhocine en tant que maître du soufisme en Kabylie. Celui-ci a fait un exposé sur les tendances religieuses de l’homme et son implication dans la Rahmania, en dépit de l’opposition des marabouts de son époque et de sa hiérarchie qui refusait de le reconnaître.

L’enfant de Taqa Nath Yahia ne connaît rien de la langue arabe, mais il a tenu à exercer la fonction de cheikh. Selon le conférencier, Mohand Oulhocine est doté de la baraka (bénédiction de Dieu) qui lui a permis de devenir un saint. Son sanctuaire est visité par des milliers de personnes en quête de guérison, de conseils, de règlement de conflits, d’arbitrage, de protection et de réconfort. Sa réputation n’a pas tardé à faire le tour de la Kabylie et les gens arrivent de partout, parfois rien que pour écouter son beau verbiage et ses poèmes sublimes, car cheikh Mohand Oulhocine est également un poète de renommée. Il est né en 1836 à Taqa Nath Yahia dans une famille de marabouts. Il a passé une enfance ordinaire comme tous les enfants de son âge. Adolescent, il est troublé par la rupture de sa famille et l’errance qui s’est imposée à eux.

Il a commencé alors à fréquenter les ermites et les sanctuaires, ce qui lui a permis de renforcer ses convictions et tracer sa vocation de cheikh. Il s’installa quelques années plus tard dans le hameau d’Aït Ahmed à Taqa, où il a construit son propre point de chute. Vu son influence, sa pensée a joué un grand rôle dans la résistance de la région pendant l’insurrection de la Kabylie et le maintien des valeurs traditionnelles de la société. Un autre conférencier a, de son côté, commenté la valeur poétique du cheikh et sa rencontre avec son contemporain, Si Mohand ou M’hand. Les deux hommes se respectaient mutuellement sans se connaître ou se rencontrer auparavant. Malheureusement, le jour où Si Mohand ou M’hand a frappé à la porte du cheikh, un malentendu a mis fin de façon précoce à la visite. Le poète errant qu’est Si Mohand a refusé de se plier à la demande de cheikh Mohand de lui réciter à nouveau des poèmes qu’il venait de prononcer. Il lui a jeté alors le sort de mourir errant et Si Mohand a émis le vœu d’être enterré à Asseqif N’tmana avant de mettre un terme à l’entrevue.

Le Jeune Indépendant

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