L’Algérie n’aura plus de pétrole à l’horizon 2025 !

Selon un expert de British Petroleum 

LE JEUNE INDÉPENDANT 12/09/2007

La création d’une OPEP du gaz relève davantage de «la manœuvre politique que d’une démarche à objectifs économiques». D’ailleurs, du point de vue strictement économique, elle n’est pas réalisable, selon l’économiste en chef de British Petroleum (BP) qui l’a soutenu lors d’une rencontre avec la presse hier à Alger.

Christof Ruehl, qui est chargé d’analyser le développement de l’économie mondiale et son impact sur le marché énergétique, a carrément qualifié l’idée d’une OPEP du gaz de «stupide», car elle ne peut être mise en œuvre dans la réalité, même si elle est soutenue par plusieurs pays comme l’Iran, le Venezuela ou encore le Qatar.

Pour étayer ses propos, M. Ruehl a invoqué trois raisons dont la première est l’absence d’un marché gazier intégré avec une fluctuation des prix, la seconde étant l’absence d’un producteur dominant comme dans le cas du pétrole avec l’Arabie saoudite, la dernière est que les prix du gaz sont déjà indexés sur ceux du pétrole.

Il se trouve qu’il existe déjà une organisation, à savoir l’OPEP, qui veille sur les intérêts des pays exportateurs de pétrole. Il n’y a donc pas d’intérêt qu’il y ait une organisation du même type pour le secteur du gaz. L’économiste de BP a toutefois estimé que la création d’organisations régionales reste possible pour des pays qui auraient des convergences sur le plan énergétique.

Il a, dans ce cadre, estimé que les inquiétudes européennes face au rapprochement entre l’Algérie et la Russie au cours des derniers mois pouvaient être justifiées dans la mesure où ce sont «les principaux fournisseurs gaziers du continent.

S’ils s’unissent, ils pourront décider d’augmenter les prix du gaz». C’est une préoccupation qui s’inscrit dans le cadre de la problématique de la sécurité énergétique qui est au cœur du débat du moment et qui divise les pays producteurs et consommateurs d’énergie.

Mais pour M. Ruehl, la question de la dépendance énergétique des pays consommateurs envers les pays exportateurs et vice versa ne doit pas être appréhendée uniquement dans son aspect négatif. Selon lui, la sécurité du marché réside justement dans cette dépendance, puisque celle-ci permet l’émergence d’interactions et de synergies entre les deux parties qui en principe sont difficile à dissoudre.

En tout état de cause, suivant les propos de M. Ruehl, la notion de sécurité énergétique s’apprécie différemment, selon qu’on est un pays producteur ou consommateur. 17 ans de réserves pétrolières et 53 ans de réserves gazières Dans une brève évocation des réserves pétrolières et gazières de l’Algérie, M. Ruehl a indiqué que l’Algérie pourra profiter de son pétrole pendant encore 17 années avec un volume de réserves estimé à 12,5 milliards de barils, alors qu’elle en a encore pour 53 ans en ce qui concerne les réserves gazières.

La production pétrolière algérienne représente 2,2 % de la production mondiale, alors que la consommation, dont la croissance est plus rapide que la production, représente 0,3 % de la consommation mondiale. Quant à la consommation gazière nationale qui représente 0,8 % de la consommation mondiale, elle croît également plus rapidement que la production nationale qui représente 2,9 % de la production mondiale.

L’économiste avait entamé sa conférence par un résumé des tendances énergétiques mondiales au cours des 5 dernières années et leur rapport avec la croissance économique mondiale. Il ressort des statistiques de BP que, durant cette période, les prix de l’énergie ont connu une hausse exceptionnelle, puisque les prix du pétrole ont plus que doublé, ceux du gaz ont augmenté de 75 % et ceux du charbon de 46 %.

La consommation énergétique mondiale a également augmenté puisqu’elle a triplé au cours des cinq dernières années pour tous les types d’énergie et surtout pour le charbon, ce qui a induit une pollution plus importante, puisque les émissions de carbone ont aussi augmenté.

L’expert a noté que ce sont essentiellement les pays émergents et en voie de développement qui ont été à l’origine de cette hausse de la consommation. Il a, par ailleurs, expliqué ces trois tendances par une croissance économique mondiale élevée de 4,5 %, soit son plus haut niveau depuis une cinquantaine d’années, œuvre principalement des pays en développement et des pays de l’ex-URSS.

L’augmentation de la consommation du charbon s’est réalisée au détriment d’autres énergies comme le nucléaire, dont l’utilisation a stagné pour des considérations d’ordre politique, a-t-il expliqué.  

par Safia Berkouk

Agenda

December 2022
M T W T F S S
28 29 30 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31 1