Les souvenirs du “jeudi noir” hantent la ville

Batna, une semaine après l’attentat

LIBERTÉ 13/09/2007

Hier, une semaine après l’odieux attentat qui a ciblé d’innocents citoyens, venus accueillir le président de la République, Batna essaye difficilement de se défaire de sa mine de deuil pour reprendre ses couleurs.

Les grandes artères de la ville sont animées, la population vaque à ses emplettes quotidiennes mais, le pas est rapide à l’image du fil des évènements qui rythme la vie de la cité. Demain, sera encore dure d’autant que l’acte terroriste perpétré jeudi dernier est loin d’être un geste isolé. Mardi soir, les terroristes ont essayé de frapper encore une fois.

C’est la rentrée sociale et les évènements se succèdent pour céder la place les uns aux autres. “C’est la fin d’une semaine qui coïncide avec le début du mois de carême et samedi prochain coïncidera avec la rentrée scolaire”, nous rappelle une mère de famille, soucieuse de la qualité d’un tablier qu’elle compte acheter pour son enfant, rencontrée près du marché des 84-Logements, lieu où le kamikaze, Belezrague El-Houari s’est fait exploser au milieu de la foule.
“À chaque fois que je passe devant le panneau publicitaire où le terroriste a commis son acte, mon cœur se resserre, je n’y crois toujours pas qu’une chose pareille est arrivée. Allah yahdihoum”. La semaine qui vient de s’écouler fut émotionnellement très lourde pour les Batnéens. Deux jours après l’attentat de jeudi, un blessé est décédé à l’hôpital de Batna et on apprend que deux jeunes militaires, originaires de la wilaya, ont laissé leur vie dans l’attentat de Dellys. Ils ont été enterrés dans l’après-midi de lundi dernier. Malgré la fébrilité liée aux échéances de la rentrée, une lourde atmosphère de deuil continue à couvrir le ciel de la capitale des Aurès. Dans tous les coins de la cité, on parle toujours de ce jeudi noir. “Les Américains ont leur 11 septembre et nous, on a notre 6 septembre, on n’oubliera jamais ce jour”, précisent des jeunes regroupés dans un café en face de la mosquée d’El-Atique.

Ailleurs, les rumeurs ont alimenté la journée du mardi, plusieurs alertes à la bombe ont été données. Certaines sources avancent le chiffre de 35 interventions en une seule journée. Les brigades de la gendarmerie et de la police n’ont pas arrêté de faire le tour de la ville en quête de colis suspects. Ce fut une fumée avec… du feu, car à 19 heures, une bombe lancée, probablement depuis un hebheb, a failli faire un carnage, à l’entrée sud de la ville, au sein d’une patrouille des services de sécurité. Dans la sortie est de la ville, dans la région de Tazoult, une alerte à un bus piégé a fait le tour de la ville. Selon une source sécuritaire, il est tout à fait normal que ce genre de panique s’installe parmi la population, après une expérience tragique comme celle du jeudi 6 septembre. Les mêmes sources appellent à la vigilance surtout que c’est le citoyen qui est la première cible.

Une patrouille de police ciblée mardi soir
Mardi dernier, entre 19 et 20 heures, telle une traînée de poudre, l’information relative à un violent accrochage ayant opposé les services de sécurité à un groupe terroriste a fait le tour de la ville. Les nerfs des paisibles citoyens de la ville de Batna ont été mis à rude épreuve d’autant que durant toute la journée en question, les rumeurs d’attentats à la bombe se succédaient à celle d’attentats contre des citoyens. Cette fois-ci, juste à l’heure de la prière du crépuscule, l’intox a cédé la place à un véritable échange violent de tirs d’armes automatiques. En effet, un accrochage entre les forces de sécurité et un groupe de terroristes a eu lieu au niveau de la cité appelée communément La Route du lourd, à l’entrée sud de la ville de Batna, soit le quartier de Tamichitte. Selon des sources au fait de la situation sécuritaire dans la région, des terroristes ont lancé sur une patrouille de police un engin explosif. Heureusement que la cible a été ratée de justesse, et la roquette ou la tête du hebheb, l’étude balistique déterminera sa nature, est allée se loger dans le mur de la mosquée d’à côté causant, ainsi, un trou d’un diamètre de 50 cm. La riposte des éléments de la patrouille fut virulente poussant les assaillants à prendre la fuite à travers les montagnes à proximité de la route. À noter que deux enfants touchés par les débris ont été légèrement blessés.
 

par Lamia M.

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