Attentat kamikaze contre le commissariat de Naciria

 4 morts et 23 blessés dont quatre grièvement

La dépêche de Kabylie 03/01/2008 Attentat kamikaze contre le commissariat de Naciria

L’horreur a frappé hier, deuxième soir de ce Nouvel an, au centre urbain de Naciria, 40 km à l’est de Boumerdès.
Cet ancien village rural, plutôt connu sous le nom de Laazib fut à son tour le théâtre d’un attentat suicide ayant particulièrement ciblé le siège de la sûreté urbaine locale. Annoncé en milieu de journée, le bilan de l’attaque kamikaze à la voiture piégée faisait état de quatre morts et 23 blessés dont douze éléments des services de sécurité, quatre blessés deux civils et deux policiers dont l’état est jugé grave sont évacues vers un hôpital d’Alger.

 

L’attentat suicide est l’œuvre d’un individu âgé d’une trentaine d’années, mais non encore identifié. Place centrale de Laazib. Les aiguilles de l’horloge se sont bloquées ce mercredi à 6 h 55, heure de l’explosion.

Le kamikaze qui conduisait à cet instant précis, selon des informations recoupées une camionnette Toyota de type Hilux arrive à proximité du siège du commissariat en question, il a fait signe à un policier en faction de lui ouvrir la barrière, en simulant l’évacuation d’un cas urgent vers une polyclinique située 200 m plus loin. Habituellement, l’accès par cette ruelle où se trouve le commissariat n’est permis qu’aux piétons et autres fonctionnaires de la mairie située juste en face, et ce, à partir de 8 h. Hier, juste après la prière d’El-Fedjr, l’ex-GSPC représenté par l’un de ces kamikazes a pu profiter de l’obscurité et se jouer des services locaux de sécurité. Dès que le passage lui fut cédé, le sinistre individu s’est fait exploser devant le portail de la structure de sécurité précipité, trois policiers ont péri sur le coup, alors que 23 autres personnes ont été blessées, un quatrième policier succombera peu après, a-t-on indiqué. “J’ai vu des lambeaux de chair à côté d’autres policiers qui rendaient l’âme,” témoigne Kamel.

Sur un ton d’angoisse, il précise qu’il arpentait à cet instant précis, l’avenue principale menant à la station de bus située en contrebas du centre-ville. Une épaisse fumée se dégageait du lieu du drame, juste après la forte déflagration. Et les policiers très irrités, durent tirer en l’air durant plus de 10 minutes pour éloigner une foule de jeunes qui voulaient intervenir, semble t-il pour secourir les blessés. Des patrouilles militaires interviennent aussitôt pour y tracer, en compagnie d’autres éléments de la BMPJ, un cordon de sécurité. Les journalistes seront systématiquement empêchés de s’approcher des lieux. “ Rebroussez chemin, nous n’avons aucune information à vous communiquer”, crie à tue-tête un officier à l’adresse des reporters. Instant où l’un de nos confrères s’est vu contraint de remettre son dictaphone, son ordre de mission et ses notes à un policier. Nous avons pu tout de même accomplir notre mission, grâce à la médiation de certaines notabilités de la commune. Celle-ci affichait, hier, un spectacle de désolation. En face du commissariat éventré par l’explosion une autre bâtisse d’un particulier abritant une famille au premier étage, en plus d’un café au rez-de-chaussée, a été, elle aussi fortement détruite. On croit savoir qu’un enfant de la dite famille est grièvement blessé. Alors que services de voirie nettoyaient l’endroit ciblé, la police scientifique s’affairait, elle à dénicher le moindre indice permettant de donner de plus amples précisions sur cet énième attentat suicide, jusque-là, on se contente de signaler que le kamikaze d’hier était à bord d’une voiture de type Hilux immatriculée à Bouira et datant de 2001.

Les humbles citoyens de Laazib, paysans pour la plupart, sont choqués par cette scène de cauchemar. Dans leur regard, on peut déceler cette attente d’un sursaut salvateur, se démarquant des palinodies de certains cercles du pouvoir quant à une rupture radicale avec l’islamisme. Regard rejoignant celui d’une militante locale de l’ex-PAGS : “On a trop joué avec l’ex-FIS et ses semblables”, s’inquiète-t-elle  

par Salim Haddou

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