Les jeunes et l’américan Dream

Béjaïa 

La dépêche de Kabylie 31/12/2007

Ils sont jeunes. Ils ont entre 25 et 45 ans, en majorité fraîchement diplômés de nos universités et autres instituts spécialisés, mais d’autres ont déjà acquis leurs galons dans la misère de leur monde parallèle de morts vivants, mais néanmoins, ils ont tous des points communs : poches vides et têtes pleines d’idées et de rêves fous.

“Quoi de plus normal et basique qu’un boulot, un toit et une petite famille qui sont tout simplement la raison de vivre de tout un chacun de nous et l’assurance quant à la continuité de l’existence de la race humaine ; quoi de plus juste qu’une stabilité, après des années de dur labeur à l’université”, nous dit Rachid, jeune licencié en droit, qui ajoute : “Depuis ma sortie de l’université en 2002 j’ai pratiquement frappé à toutes les portes, mais ma situation ne s’améliorait pas pour autant, même si j’ai aussi exercé pendant quelques temps dans un cabinet d’avocat, le bout du tunnel n’est vraiment pas pour demain ; désormais, il ne me reste plus qu’une seule chose à faire : partir d’ici à tout prix”. Mourad, la trentaine bien visible sur son visage, est aussi du même avis. Il nous dira : “J’ai essayé à trois reprises d’avoir un visa d’étude pour la France, mais même avec un dossier en béton, les autorités consulaires de ce pays, ont toujours refusé de me délivrer ce fameux document”.

Même si le but est le même, les méthodes diffèrent. Il suffit de faire une petite enquête auprès de tous ces jeunes qui affluent chaque jour vers les cybercafés pour se rendre à l’évidence que leur passe-temps favori reste incontestablement “la chasse à l’âme sœur” sur les sites des rencontres et de tchatches des quatre coins du globe. Même si la chance a souri à certains, nés sous la bonne étoile probablement, il n’en est rien pour d’autres, vu que les femmes de l’autre bout de la toile sont devenues de plus en plus méfiantes à l’égard de ses nouveaux “Vikings” qui tombent du ciel, débarquent de la mer et passent à travers les filets des gardes-côtes et autres forces de sécurité. Ajoutez à cela, la xénophobie qui fait son petit bout de chemin doucement, dans la société occidentale et qui n’arrange guerre les choses pour nos jeunes candidats à l’eldorado européen. Aussi, la fin tragique réservé à nos jeunes, toutes catégories confondues, étudiants ayant terminé leurs études et clandestins ayant épuisé tout ces recours et autres moyens légaux pour se maintenir légalement dans ces pays d’accueil et qui finissent dans la plupart des cas en candidats potentiels au vols charters et autres centres de rétentions dépourvus de toutes formes d’humanisme bien que situés sur les territoires de ces seigneurs dont la devise n’est autre que “Liberté, égalité et fraternité” Désormais, le regard de nos jeunes change de direction et cette fois la destination n’est autre que le pays de l’oncle Sam. En effet, depuis l’ouverture de la période des inscriptions à la loterie qu’organise chaque année le département d’Etat américain au profit des citoyens de certains pays, dont l’Algérie, les cybercafés font le plein à toutes les heures de la journée, au grand bonheur de leurs propriétaires. Ces jeunes ne jurent que par les majestueuses “chutes du Niagara”, la légendaire “route 66” et “Beverly Hills Avenue”.

En tous les cas à 100 DA, représentant les frais d’inscription, le rêve américain semble bien permis et peut-être que d’ici quelques années les Algériens constitueront la plus grande communauté étrangère aux USA. Qui sait ? En attendant, il est sûr que le rêve fait vivre.  

par Arezki Toufouti

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