Effondrement partiel de l’immeuble La Parisienne à Alger

4 blessés et une grande frayeur

LIBERTE 30/12/2007 Effondrement partiel de l’immeuble La Parisienne à Alger
Cinq dalles se sont effondrées. On ne compte heureusement pas de mort, mais il y a deux blessés parmi les ouvriers et deux autres parmi les éléments de la Protection civile qui ont été surpris par un deuxième effondrement, alors qu’ils étaient en pleine opération de sauvetage.

L’immeuble situé au 8, rue Sergent-Addoun (ex-Monge), et qui a, pendant longtemps, abrité la fameuse boulangerie La Parisienne, s’est partiellement effondré hier en début d’après-midi ne faisant heureusement aucune victime. En effet, c’est aux environs de 14h30 que cinq dalles des six étages que compte l’immeuble se sont partiellement effondrées, alors que les ouvriers chargés de sa démolition s’y trouvaient encore. Par chance, on ne compte que deux blessés parmi les ouvriers et deux autres parmi les éléments de la Protection civile, surpris par un deuxième effondrement qui a eu lieu pendant qu’ils menaient l’opération de sauvetage. C’est en tout cas ce que nous a affirmé M. Mohammed Tigherstine, chef des opérations de la Protection civile : “Ce sont les ouvriers d’une société de démolition qui ont été pris dans l’effondrement partiel de plusieurs dalles, nous comptons deux blessés parmi les ouvriers et deux autres parmi les éléments de la Protection civile, ce sont des blessés a priori légers, mais nous en saurons plus après leur admission à l’hôpital.”

Un cordon de sécurité a été mis en place par la police qui tente de contenir les curieux et le voisinage. De l’extérieur, on ne voit pas grand-chose puisque le périmètre avait déjà été barricadé par l’entreprise de démolition avant d’entamer les travaux. Bizarrement, les ouvriers indemnes ont préféré se cacher à l’intérieur du périmètre, au milieu des matériaux entassés. Seuls deux d’entre eux, apparemment sous le choc sont sortis pour s’en griller une. Assaillis par les questions des journalistes, ils tentent de minimiser les dégâts. “Non non, il ne s’est rien passé, non, il n’y a qu’un seul blessé léger… On ne connaît pas le nombre de dalles qui se sont effondrées… Non, nous ne connaissons pas notre employeur…”, puis ils sont rejoints par d’autres ouvriers qui mettent fin à la discussion en leur ordonnant de ne rien dire et de les suivre à l’intérieur, ce qu’ils feront sans broncher. Quelques minutes plus tard, un de ces deux ouvriers ressort du chantier, tout retourné, il accepte sous le couvert de l’anonymat de nous répondre. “Cinq dalles sont tombées les unes sur les autres, je l’ai échappé belle, je suis employé par Sahraoui”, dira cet ouvrier de 19 ans seulement, les larmes aux yeux, il explique que malgré les conditions de travail déplorables et sa peur d’exercer ce métier, il n’a pas d’autre choix que celui de travailler même dans ce type de conditions.

L’information concernant l’identité de l’entreprise qui chapeaute ces travaux a été ensuite confirmée par la Protection civile. “En effet, il s’agit bien de l’entreprise de démolition Batrapoch Sopiref Sahraoui”, nous dira-t-il.

Selon les témoignages recueillis auprès du voisinage, les travaux de démolition auraient débuté il y a deux mois, et ce ne serait pas le premier accident. “Il y a à peine une vingtaine de jours, une dalle s’était effondrée, provoquant un incendie qui heureusement a été très vite maîtrisé ; le feu s’est déclaré parce que la dalle avait endommagé le compteur électrique, nous avons d’ailleurs été privés d’électricité pendant plusieurs heures après l’effondrement, les mesures de sécurité ne sont pas prises, ni pour nous protéger et encore moins pour protéger ces pauvres ouvriers”, nous dira un voisin vivant dans l’immeuble à côté.

L’état de vétusté de cette bâtisse datant de l’époque coloniale ne fait pas l’exception, de nombreux autres immeubles anciens et mal entretenus présentent des menaces d’effondrement. L’immeuble de La Parisienne avait d’ailleurs été classé “rouge” par le CTC lors du séisme de 2003. Il était question que la wilaya d’Alger prenne en charge la reconstruction de cette bâtisse, mais qu’en est-il donc aujourd’hui ?  

par Amina Hadjiat

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