Qui est Ibrahim Bahanga ?

El Watan 15/09/2007

On ne lui connaît ni âge, ni visage, et depuis qu’il s’est fondu dans la nature après avoir lancé une attaque à Tinzaouatène le 11 mai dernier, il ne fait parler de lui que par frappes interposées. Sur une photo improbable, on le voit, le teint mat, la tête enroulée dans un chèche beige, portant des lunettes de soleil, une barbe couvrant son menton.

 

Ibrahim Ag Bahanga est issu de la région de Kidal. Il est précisément originaire de Tin-Essako, de la tribu dominante des Ifoghas. Il n’était qu’un simple berger, assure-t-on, avant de rejoindre les rangs de la rébellion. Des sources soulignent qu’entre temps, il avait intégré l’armée malienne où il se hissa au grade de lieutenant. L’homme s’est distingué une première fois en décembre 2001 en tenant en otage une dizaine de militaires. Sa revendication ? Eriger son village en commune, exigence qui se verra vite satisfaite suite à la bonne médiation de Abdelkrim Ghrib, notre ambassadeur à Bamako. Le nom de Bahanga surgit de nouveau lors de l’affaire des 32 otages occidentaux enlevés par le GSPC dans le désert algérien en février 2003 et qui avaient transité par le nord du Mali. Bahanga avait fait partie alors d’un comité de négociation mis en place par le président malien Amadou Toumani Touré. Le mutin incorrigible fait à nouveau parler de lui en prenant part à la grande attaque du 23 mai 2006 contre deux garnisons à Kidal et Ménaka aux côtés du lieutenant-colonel Hassan Fagaga, et qui seront rejoints par l’ex-rebelle historique Iyad Ag Ghali. Ensemble, ils fondent l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (ADC).

A ce titre, Bahanga adhère pleinement à l’accord d’Alger passé entre le gouvernement malien et la rébellion touareg le 4 juillet 2006. L’ancien insurgé connaît alors une ascension fulgurante. Il devient membre du Haut conseil aux collectivités au même titre que son mentor Iyad. Le 11 mai 2007, l’homme défraie une nouvelle fois la chronique en attaquant avec des rebelles nigériens un poste de sécurité à Tinzaouatène, attaque qui se soldera par une dizaine de morts dont huit rebelles. Trois mois plus tard, le 26 août, il récidive en tendant une embuscade à une troupe de l’armée régulière dans la région de Tedjeret. Il enlève une soixantaine de militaires dont une trentaine sont toujours retenues en otages. Qu’est-ce qui fait courir Bahanga à la fin ? Pour les uns, ce n’est qu’un esbroufe en mal de célébrité, pour d’autres un brigand, un trafiquant de drogue et de cigarettes. Mais pour beaucoup, Bahanga est un « justicier » qui fait trembler tous les gouvernements de la sous-région.  

par Mustapha Benfodil

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