Afin d’encourager la production céréalière en Algérie :

L’Etat achètera aux agriculteurs le blé au prix du marché mondial

Le Jeune Indépendant 25/12/2007

Désormais, les prix des céréales achetées par l’Etat aux agriculteurs seront alignés sur ceux du marché international, a annoncé hier le ministre de l’Agriculture, M. Saïd Barkat. «Le prix local du blé et des autres céréales que l’OAIC achètera aux agriculteurs avoisinera ceux pratiqués sur le marché mondial», a déclaré hier M. Barkat, lors d’une conférence de presse en marge d’une rencontre sur l’évaluation du Plan national de développement agricole et rural (PNDAR), au siège de son département.

« Cet alignement des prix, a-t-il expliqué, permettra de réduire les importations et les détournements du blé vers les frontières, comme il permettra d’encourager les agriculteurs à investir davantage dans la céréaliculture. » Le ministre a affirmé également que cette filière a enregistré une progression notable depuis la mise en œuvre du PNDAR en 2000.

Pour étayer ses propos, il a rappelé qu’avant l’application de ce plan, la production céréalière ne dépassait guère 9 millions de quintaux sur une superficie de 4,5 millions d’hectares emblavés. Mais, depuis l’application du PNDAR, la production a grimpé à une moyenne de 35 millions de quintaux sur une superficie de 3,2 millions d’hectares, soit une moyenne de 22 quintaux par hectare.

«Nous avons appris à nous adapter à l’aridité en utilisant nos ressources hydriques d’une manière rationnelle et à nous concentrer sur les surfaces potentiellement rentables», a-t-il affirmé. Justifiant la réduction de la surface des terres réservées à la céréaliculture de 1,3 million d’hectares, il a expliqué que ce sont des parcelles fragilisées qui ne donnaient pas plus de 4 quintaux de blé à l’hectare.

«Une quantité qui ne couvre même pas les frais de la semence», a-t-il répondu, précisant que «ces terres ont été converties en plantation d’arbres fruitiers, une culture qui demande moins d’espaces et d’irrigation». Interrogé sur la facture des importations des céréales de plus en plus exorbitante, le ministre a répondu que celles-ci ont augmenté en valeur, bien que le pays ait diminué le volume de ses importations.

Il a expliqué ce paradoxe par la hausse vertigineuse des prix des céréales sur le marché mondial. La facture céréalière de l’Algérie avoisine 2 milliards de dollars par an. Pour les neuf premiers mois seulement, elle avait atteint 1,3 milliard de dollars.

M. Barkat a constaté par ailleurs qu’à chaque fois que les prix du pétrole augmentent, il y a une baisse de la valeur du dollar et une hausse des prix des produits de large consommation. Plus explicite, il a noté que face à la flambée des prix, les pays développés se rabattent entres autres sur les céréales pour la production des biocarburants, d’où le renchérissement des prix du blé et du maïs.

«Cela se répercute également sur la production de la viande et du lait, car il y a un manque d’aliment pour le bétail qui se nourrit essentiellement des céréales», a-t-il déduit. En dépit de cette conjoncture internationale difficile, le ministre a assuré que l’Etat contrôle la situation : «Nous maîtrisons la situation et nous comptons sécuriser la population, surtout la classe moyenne et les ménages à faible revenu.

Ce n’est ni du populisme ni du socialisme gratuit. La valeur de la production agricole de l’Algérie est estimée à 9 milliards de dollars par an, contre des importations de près de 3 milliards de dollars», ajoute-t-il. En 7 ans, l’Etat a accordé 350 milliards de dinars au secteur, ce qui représente 2 % du budget annuel de l’Etat, a-t-il encore précisé.

Vers le soutien de la production du lait cru Concernant le soutien de l’Etat à l’importation de la poudre de lait pour la production du lait pasteurisé, le ministre a affirmé qu’il ne s’agit là que d’une mesure provisoire et qu’il est temps d’envisager des solutions durables en apportant un soutien conséquent aux éleveurs et aux producteurs du lait cru.

Selon M. Barkat, l’Algérie aurait pu atteindre l’autosuffisance en lait s’il n’y avait pas eu l’épidémie de la vache folle qui a contrait l’Etat algérien à cesser l’importation de génisses et de vaches laitières. La production de l’Algérie en lait cru est estimée à 2,6 milliards de litres par an, et le lait produit à partir de la poudre de lait avoisine 1,4 milliard de litres.

 

par Zineb M.

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