Pour eux, les fêtes riment avec hausse des prix Les spéculateurs à la recherche du coup de grâce contre les petites bourses

La Tribune 18/12/2007

C’est ainsi tous les ans et cela se répète indéfiniment, sans que l’Etat pense à trouver une solution. Les fêtes de l’Aïd se suivent et se ressemblent et deviennent au fil du temps des sources d’angoisse, à cause des prix à la consommation qui enregistrent des hausses vertigineuses, faisant dire à la riche imagination populaire à Tizi Ouzou que «les spéculateurs sont encore à la recherche du coup de grâce à porter au pauvre citoyen». C’est que, encore une fois, et comme dans les autres wilayas du pays, l’augmentation des prix des produits de large consommation a été au rendez-vous dans la wilaya de Tizi Ouzou où aucune denrée n’a été épargnée.

Une petite virée chez les commerçants confirme ce déplorable état de fait. C’est ainsi que les prix des légumes ont pris leur envol pour atteindre des seuils «indécents», comme la courgette qui se négocie autour de 120 dinars le kg ou les haricots verts à 130 dinars et le poivron à 150 dinars le kg. La tomate continue à flirter avec les 70 dinars le kilogramme alors que le légume le moins cher du marché, à savoir la carotte, est passé de 25 à 45 dinars le kilogramme. De leur côté, les légumes secs n’ont pas échappé à la folie des spéculateurs puisque, par exemple, le pois chiche ne coûte pas moins de 110 dinars le kg, alors que les haricots secs affichent un prix qui varie, selon la qualité, entre 100 et 115 dinars le kg. Le riz et les lentilles qui étaient à un certain moment épargnés par l’augmentation des prix, s’y sont mis de la «fête» cette veille de l’Aïd et s’affichent respectivement autour de 60 et 75 dinars le kg alors qu’ils étaient proposés à moins de 50 dinars le kg. Mais les augmentations qui ont fait le plus de mal aux petites bourses, ce sont celles des produits alimentaires proposés dans les épiceries et autres supérettes, en dehors bien entendu des produits laitiers qui ont connu depuis le début de l’année, pas moins de quatre augmentations. Le bidon de 5 litres d’huile a enregistré deux hausses inouïes en quelques mois seulement, passant de 430 à 650 dinars. «C’est la fin des fritures dans les ménages !» lance, avec une ironie mêlée d’amertume, un commerçant du centre-ville de Tizi Ouzou qui ne manquera pas de dénoncer l’absence de l’Etat dans cette situation difficile pour la population. En fait, l’absence de l’Etat face à ces augmentations, particulièrement celles engendrées par des activités illégales, peut être considérée comme criminelle, surtout que ce genre de situation est parfois source de dépression, de suicide ou de maladie grave chez les plus vulnérables des citoyens. C’est aussi cela le «coup de grâce» recherché contre les petites bourses, par les spéculateurs et autres commerçants véreux qui s’érigent tous les ans en «seigneurs de l’Aïd». Il ne faut pas perdre de vue aussi le fait qu’à l’occasion de la fête de l’Aïd, les gens doivent faire face à la dépense du sacrifice religieux du mouton dont le prix se situe aux alentours de 20 000 dinars.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Tizi Ouzou, tout comme les autres wilayas du pays, subit de plein fouet la crise du lait en sachet, car l’ORLAC de Draa Ben Khedda est la seule unité à distribuer ce précieux produit au moment où les unités privées sont en grève.  

par Malik Boumati

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