7 enseignantes s'égarent dans le grand désert du Tanezrouft !

AFFECTÉS A BORDJ- BADJI-MOKHTAR

Le soir d'Algerie 19/09/2007

Elles ont entre 25 et 30 ans et n’ont pas peur de se rendre dans la daïra de Bordj-Badji- Mokhtar à 850 km du chef-lieu pour accomplir le devoir qui les attend : communiquer leur savoir aux enfants scolarisés. Après avoir obtenu leurs affectations, elles décident de louer un véhicule de marque NIssan 4/4 pour affronter le redoutable désert du Tanezrouft. Elles sont pleines de joie et de vie et leur souci est d’arriver à destination afin de s’installer rapidement et de s’atteler à la tâche. Une tâche rude.

Rappelons au passage que si entre Adrar et Reggane (140 km), la route est goudronnée, à partir de cette dernière, le goudron cède la place à une piste balisée (une balise tous les 2 km). Mais quand le temps se gâte, les chauffeurs les plus aguerris et les plus prudents s’immobilisent et attendent inlassablement l’accalmie afin de retrouver leurs repères. Mais voilà, la chance n’est pas de leur côté. Le vent de sable se lève et la visibilité se trouve ainsi compromise. Nos enseignantes ont peur et craignent le pire. Notre chauffeur au lieu de s’arrêter préfère rouler se fiant à son instinct et à son expérience qui finissent par le trahir et après avoir roulé quelques heures, le véhicule s’immobilise et les gorges se serrent. A Bordj-Badji-Mokhtar, on s’inquiète, nos enseignantes devaient être là depuis bien longtemps. Le temps s’écoule et on finit par donner l’alerte.

La brigade de gendarmerie de Reggane prend les choses en main. En coordination avec les services de santé, ses éléments s’élancent sans plus tarder à la recherche de nos disparus. Le soleil est implacable, les provisions et la réserve d’eau sont prévus uniquement pour la durée du trajet. Imaginez un peu le calvaire de ces vaillantes enseignantes. Seules, perdues en plein désert et quel désert : le redoutable et impitoyable désert du Tanezrouft qui a déjà fait de nombreuses victimes. Une psychose s’empare d’elles, elles qui ne sont guère habituées à ce genre de mésaventure. Il n’y a ni pierre, ni arbre, rien, seuls un sable fin et un soleil au milieu d’un ciel bleu qui vous guette lorsque vos forces vous lâchent et votre esprit se brouille. La soif s’empare de nos égarés et la hantise de voir leur vie s’achever ici au beau milieu de nulle part rend leurs facultés fragiles et le raisonnement d’agir s’estompe, car il faut le préciser, elles se sont éloignées de la piste balisée de plus de 130 km. Leur unique chance de salut repose sur les secours organisés au bout d’interminables et longs trois jours, la brigade de gendarmerie finit par les retrouver dans un état très affaibli avec une forte fièvre. La déshydratation a commencé par prendre de l’ampleur. Leur vie ne tenait qu’à un fil. Il en a fallu de peu. Comme quoi, les risques du métier peuvent parfois conduire à une mort certaine.

Elles, qui, parties il y a quelques jours pour travailler, voient leur rêve compromis et anéanti et toutes les années vécues défiler devant elles. Elles ont certainement, pendant tout ce temps, pendant ces trois jours interminables pensé à leurs familles, à leurs proches, à leurs amis. Un monde qui s’écroule. Sans attendre, la brigade les conduit à l’hôpital de Reggane où elles sont admises au service des urgences. Certes, leurs jours ne sont plus en danger mais le choc a été terrible et elles seront à jamais marquées par cette regrettable mésaventure qui, sans la bravoure et l’obstination des secouristes aurait pu être dramatique. Mais fort heureusement comme le dit si bien Voltaire. “Tout est bien qui finit bien”.  

par El-Hachemi S.

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