Paroles de citoyens

 «Qu’ils nous disent la vérité !»

Infosoir.com 12/12/2007

Colère n Le citoyen algérien a beaucoup de choses à dire, il en a gros sur le cœur. Colère, ras-le-bol mais aussi amour pour le pays et espoir déferlent pour peu qu'on lui donne l'occasion de s'exprimer.

L’unanimité, c’est le mot qu’il faut pour qualifier les propos de la jeunesse algérienne qui s’est exprimée hier dans les différents médias lourds nationaux. Une unanimité, bien sûr, à condamner vigoureusement les attentats terroristes d’hier auxquels ils ne trouvent aucune justification, mais aussi une unanimité pour exiger qu’une fin soit mise à la langue de bois et au discours démagogique des autorités et des responsables. Sur les ondes de la Chaîne III qui a ouvert son antenne en direct aux teenagers, les enfants de l’indépendance ont fait preuve d'une grande maturité lorsqu’ils ont souligné «que si les terroristes ont choisi intentionnellement la date du 11 décembre qui est aussi la date des événements du 11 Décembre 1960, pour en faire une référence de combat et de lutte à l'instar de celle menée par nos parents et grands-parents pour la liberté et la dignité, ils se trompent lourdement. Car pour nous, il n'y a pas de commune mesure entre la Révolution de nos aïeux et leurs crimes crapuleux comme il n'y a aucune relation entre leurs crimes et la cause légitime que nos glorieux martyrs ont défendue». Ces auditeurs, qui s'exprimaient sur les ondes de la radio, se sont franchement déclarés pour une éradication totale du terrorisme. «Le terrorisme est une vermine qu’il faut exterminer et à laquelle il ne faut pas pardonner», disait l'un d'eux. Car ils considèrent que «la bête immonde» n'a rien compris au mot réconciliation et concorde et que le seul langage qu'elle peut assimiler est celui de la force.

Certains vont plus loin en qualifiant cette politique de réconciliation adoptée par le pouvoir d’«échec». «Ceux auxquels le pardon s’adresse, ne comprennent pas le sens du pardon et de la reconnaissance», lance un intervenant. Beaucoup parmi les intervenants n’ont pas mâché leurs mots lorsqu’ils s'en sont pris à certaines personnes politiques et à leur tête le ministre de l’Intérieur Nouredine Yazid Zerhouni dont ils ont réclamé la démission. Exprimant leur ras-le-bol, ils ont exigé de connaître toute la vérité que ce soit pour ce qui concerne les chiffres ou même l'état des lieux sécuritaires d'une façon générale.
«Qu’ils nous disent la vérité et qu’ils nous donnent les chiffres exacts.» D'autres ont considéré qu'exiger le pardon de la France pour ses crimes passés n'était pas une priorité ni une urgence et que ce qui, en revanche, l'est, c'est de s’occuper d'assainir la situation actuelle au plan interne.

Malgré tout, les intervenants ont été unanimes à exprimer leur soif de vivre, leur rejet du terrorisme et leur amour du pays qui, ont-ils affirmé, leur donnera toujours la force de continuer à résister et à ne pas baisser les bras.

«Barakat, barakat» l Un moment d’émotion hier lors du passage d’un étudiant interwievé par l’Entv. «Ils sont en train de détruire, alors que nous, nous essayons de construire. Y en a marre. Barakat, barakat, barakat», a-t-il martelé dans un cri venu du cœur et partagé par tous les téléspectateurs.  

par A.Z.

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