La crise se corse à l’université

Blocus sur les deux campus de Béjaïa

La Dépêche de Kabylie 10/12/2007

La fin de non-recevoir qu’aura connue la plateforme de revendications introduite la semaine écoulée auprès de l’administration universitaire a fait réagir les étudiants de l’université de Bejaia qui ont organisé hier une nouvelle marche de protestation, laquelle s’est ébranlée du campus de Targua Ouzemour jusqu’au siège de la wilaya, où les principales revendications de la communauté estudiantine ont été réitérées. Ils étaient des milliers à prendre part à cette action qui s’ajoute, du coup, à la série de débrayages qu’avait connue l’université de Bejaia depuis la rentrée universitaire à ce jour.

La mobilisation des étudiants avait laissé planer un climat de tension parmi les organisateurs qui craignaient que le mouvement dégénère en échauffourées, vu le nombre impressionnant d’étudiants qui ont répondu au mot d’ordre de la coordination des comités de cités U. Du coup, des appels au calme ont été adressés aux étudiants, dont quelques-uns n’avaient pas hésité à escalader des murs et à investir ainsi les toits du siège de la wilaya. Le blocus imposé aux deux campus de l’université depuis dimanche passé a fait réagir l’administration qui a procédé avant-hier au sciage des portails. Une manière de procéder, croit-on, qui dissuaderaient les étudiants. Last but not least, le piquet de grève que tiennent les étudiants depuis dimanche passé à Targua Ouzemour aurait été forcé par le recteur à l’aide de son véhicule, samedi matin, selon les étudiants. Ces derniers se disent déterminés à faire aboutir leurs revendications sociopédagogiques, sommes toutes, légitimes à leurs yeux.

A peine arrivé de Montréal où il a séjourné dans le cadre d’une mission de « démarchage » d’universitaires exilés, l’impétueux recteur de l’université de Béjaïa aura donc mis le feu aux poudres. Il ne fallait pas tant pour exacerber la colère de ces étudiants fragilisée par des conditions de vie des plus déplorables. Alors que des milliers d’entre eux ne trouvent déjà pas où passer la nuit et que les résidents de la nouvelle cité du quartier Sghir se contentent de repas froids parce qu’on n’a pas encore installé les équipements de cuisine, c’est donc la crânerie qui prend le pas sur un dialogue apaisé.

Un dialogue que les étudiants revendiquent à plein mégaphones et qui semble indisposer au plus haut point les concernés. Car par-delà les revendications génériques de type amélioration du cadre de vie et de la qualité des enseignements, ces étudiants demandent précisément l’hébergement de 3000 d’entre eux pendant que les capacités d’accueil des résidences sont plus que saturées, en raison d’une inouïe panne prospective des responsables de la DOU dont les prévisions sont complètement dépassés par le flux des nouveaux inscrits à l’université. Si du côté de l’administration les portes du dialogue sont toujours fermées, les étudiants sont confortés par l’appui de leurs enseignants affiliés au CNES qui estiment que « le pourrissement s’installe aux lieu et place du dialogue » et du président de l’Assemblée populaire de wilaya de Béjaïa qui qualifie, dans une déclaration, le mouvement des étudiants d’un « autre chapitre du combat de l’Algérie pour la liberté et le bonheur. »

Le P/APW écrit vigoureusement «qu’entasser les étudiants dans des dortoirs, leur servir des bourses honteuses et les affamer biologiquement et intellectuellement c’est tuer l’avenir du pays. » En somme, le mouvement des étudiants ne risque pas de s’estomper demain du fait que l’administration fait toujours la sourde oreille et ne fait preuve d’aucune volonté à même d’apaiser la situation. Bien au contraire.  

par Dalil S.

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