L’accès à Internet reste cher en Algérie

Les professionnels interpellent le gouvernement

LIBERTÉ 20/09/2007

Les fournisseurs d’accès à Internet, et qui développent des plates-formes de services et de solutions, sont étouffés par les prix pratiqués sur les bandes passantes.

Internet reste très cher en Algérie. Ce constat on ne peut plus amer a été dressé, hier, par les professionnels des nouvelles technologies lors d’une table ronde animée au centre de presse d’El Moudjahid autour de l’évolution d’Internet dans notre pays. En dépit d’un développement, dont les résultats demeurent par ailleurs mitigés, l’accès à Internet est loin d’être une préoccupation réelle du gouvernement qui hésite encore à lever les verrous sur une législation rigide et opter pour un système souple à même de gagner tout à la fois : récupérer les ressources humaines qui désertent le pays, offrir l’information utile au citoyen, développer plus de domaines Web et réguler un marché qui semble prendre une grave tournure, à savoir le retour à un monopole déguisé, notamment après l’installation de certains fournisseurs étrangers en Algérie. Aux yeux des intervenants, les politique et stratégie du gouvernement ne sont pas visibles. Du coup, ces professionnels, constitués en associations (fournisseurs d’accès à Internet, matériel informatique, développement de logiciels…) ont demandé aux pouvoirs publics, à travers une série de recommandations, un plan d’urgence afin de cerner les véritables contraintes et parer aux retards par rapports aux pays de la région.

L’Algérie, qui n’a développé depuis 2000, année durant laquelle le gouvernement, a libéralisé le secteur, que 5 000 sites Internet, avec une moyenne de 2,1 millions d’internautes, demeure loin du compte. En effet, le projet de la e-gouvernement, victime selon les intervenants de la non-gouvernance, tarde à se concrétiser et le citoyen ne retrouve pas l’information utile sur les sites, sinon les biographies de ministres, l’histoire des villes et les activités officielles déjà tenues et rendues publiques par la presse nationale et internationale.
Or, l’Internet, à la veille technologique et de l’intelligence économique, se veut un outil didactique, d’information, d’échange d’expériences entre entreprises, entre le citoyen et l’administration et l’interconnexion entre les fournisseurs d’accès censés présenter des plates-formes enrichies de propositions et de services. Car Internet dépasse le cap des e-mails, du chat et des jeux. Critiquant le projet d’Ousratic, les intervenants diront que la baisse de 7% de la taxe sur un PC est loin d’insuffler une dynamique de démocratisation des nouvelles technologies. En ce sens, ils comptent également saisir les pouvoirs publics pour faire encore un effort afin de revoir cette politique et sortir de ce marasme qui ne sert ni les professionnels, ni les clients, encore moins un pays émergent comme l’Algérie.

À titre d’exemple, ils citent le coût d’une connexion à méga qui avoisine les 160 000 dinars ! Un prix jugé excessif et qui se répercute sur le client. Or, la tendance mondiale actuelle est d’aller vers la gratuité d’accès au réseau des réseaux et de développer des autoroutes d’information pour se préparer à la veille technologique en mettant le paquet sur des backbone, des infrastructures, des contenus et des matériaux de pointe. Pour clore le sujet, il suffit de savoir que 65% des dépenses en matière des nouvelles technologies sont concentrées aux USA avec 200 millions d’internautes, suivis des Allemands et de certains pays développés. Une chose est sûre, le débat d’hier a eu le mérite de donner un coup de pied dans la fourmilière et de sensibiliser les pouvoirs publics à se pencher sérieusement sur un secteur qui nécessite, sans doute, un autre regard.
 

par Farid Belgacem

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