Rachid Kaci, conseiller du président Nicolas Sarkozy

“ Je viens en Kabylie tous les ans ”

La Dépêche de Kabylie 04/12/2007 Rachid Kaci, conseiller du président Nicolas Sarkozy
Rencontré Paris, la veille du voyage officiel, il avait du mal à cacher son émotion et sa fierté. « Je suis très fier d’accompagner le Président Sarkozy dans ce déplacement. C’est la terre de mes ancêtres. Mes parents y sont enterrés. Je me rends en Algérie, en Kabylie, tous les ans, j’aime ce pays, j’aime les montagnes de Kabylie », affirme-t-il.

Lors de cette visite marquée par les déclarations calamiteuses d’un membre du gouvernement algérien, la tendance est plutôt à l’apaisement. Les consignes du Président Sarkozy sont, dans ce sens, claires. Rachid Kaci indique à ce propos que « le président de la République vient en Algérie pour œuvrer enfin au rapprochement entre les deux nations. Elles sont liées par des liens que rien ni personne ni même les déclarations les plus maladroites ne pourront casser. Les deux peuples et particulièrement les jeunesses de nos pays n’aspirent qu’à une chose : tirer un trait sur le passé pour envisager une relation fraternelle durable. Les rapports économiques entre la France et l’Algérie doivent se développer et s’accroître dans l’intérêt de tous. Le Président Sarkozy l’a très bien compris et avec son accession au pouvoir, les relations vont évoluer dans le bon sens puisqu’il est pragmatique et les querelles passées ne l’envahissent pas. Il est tourné vers l’avenir… »

Issu d’un milieu ouvrier, ce fils de balayeur de la ville de Nanterre, dans la banlieue parisienne, a débuté sa carrière politique au sein du mouvement associatif, notamment l’Association des droits civiques France plus.

Défenseur acharné des valeurs républicaines telle la laïcité, ses positions sur le voile lui ont attiré les foudres des milieux islamistes hexagonaux et européens. Symbole de la réussite sociale à la française, le parcours de ce diplômé de mathématiques, a su réconcilier la pratique politique avec sa condition sociale de banlieusard. « Je suis animé par les propos et les conseils de mon père qui me disait de se battre et de croire en soi. Il savait que la seule façon de s’en sortir c’est le travail et la volonté. Il a tout fait pour ses enfants, il a sacrifié sa vie pour leur réussite. Je crois que cette génération mérite d’être mis en avant notamment par les temps qui courent où les banlieues s’embrasent et le discours dominant est celui de la victimisation », déclare-t-il.

En parallèle de ses activités partisanes, il a contribué à l’affirmation du combat identitaire au sein de la communauté kabyle de France. Entre autres, sa participation à la création à Paris de radio Tiwizi, dont il était l’un des animateurs vedettes. Engagement qui l’encouragea à devenir l’attaché de presse de l’un des chanteurs les plus en vogue de la chanson algérienne, Lounis Aït Menguelet. Loin de renier ses origines sociales ou familiales, qu’il décrit comme étant des motivations supplémentaires qui le font avancer, pour lui cette origine berbère, loin d’être une tare, constitue un formidable héritage qu’il assume pleinement à la fois au sein de la classe politique française et des médias : « Vous savez, je ne vais pas m’excuser d’avoir des ancêtres kabyles et renier cet héritage merveilleux.

J’aime la culture berbère, la langue, la musique…J’en suis fier et je l’assume. Mon amour pour cette culture n’est pas une opposition à une autre, mais une addition à ce qui fait la richesse de la nation algérienne dans son ensemble et sa diversité. L’Algérie sera sereine le jour où elle acceptera son héritage juif, musulman, berbère, arabe, français sans exclusive aucune. »

Autrefois, les voyages au pays pendant les grandes vacances d’été c’était les voitures chargées d’affaires sur l’autoroute Paris-Marseille. Les longues files d’attente dans les ports et les aéroports et les traditionnelles visites familiales aux proches au village en Kabylie. Si aujourd’hui cette visite consacre un parcours atypique, il demeure une ombre au tableau. Rachid Kaci aurait souhaité la présence de ses parents et voir enfin aboutir une vie de labeur et de sacrifice. Du ciel, d’où ils le regardent, ils ne peuvent qu’être fiers de leur fils.

« Mon père et ma mère sont partis d’Algérie dans les années 50 et 60 pour fuir la misère. Ils ont rêvé toute leur vie d’y finir leurs jours dans la petite maison construite avec leurs maigres économies. Ils y sont retournés dans leur cercueil sans même profiter de leur retraite. Parfois je pense à leur vie et leur sacrifice, j’en pleure. Mais en même temps, je me dis qu’ils ont gardé toute leur vie la tête haute et cela n’a pas de prix ».  

par Zahir Naït Tizi, de Paris

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