SOS des victimes à Chlef

El Watan 29/11/2007

L’oued Tifeles, qui traverse la partie est de Ténès, a provoqué hier matin de nouvelles inondations ayant affecté encore des habitations, des écoles primaires, la station-service Naftal et la route menant à Beni Haoua.

Les lieux offraient un spectacle de désolation : des habitants s’affairaient à dégager la boue et autres objets charriés par les crues violentes. Même décor au port commercial qui a reçu des quantités importantes d’eau au niveau des terre-pleins, du quai et de l’entrée principale. La route longeant la plage principale avait subi le même sort, puisqu’elle était jonchée de sable et de pierres. Nous visitons quelques maisons touchées à la cité La Cave, où les conditions de vie sont particulièrement difficiles. Cela nous rappelle le triste souvenir des inondations du 11 novembre 2001. Les infiltrations d’eau sont nettement visibles à l’intérieur, comme en témoigne la présence de boue, de troncs d’arbres et de déchets multiformes. L’accès se fait sur des planches et du parpaing et au moyen de bottes. Les familles ne cessent de dénoncer l’absence des pouvoirs publics qui, d’après eux, n’ont pas été à leurs côtés dans ces moments difficiles. « On se débrouille comme on peut pour surmonter cette dure épreuve », nous diront des habitants.

Ce n’est qu’hier, faut-il le signaler, que le wali de Chlef s’est déplacé sur les lieux. Il a tenté de calmer les esprits en promettant de prendre en charge les effets de cette catastrophe. La commune de Talassa, à 20 km au sud-ouest de Ténès, est de loin la région la plus touchée par ces inondations puisqu’elle a été totalement envahie par les eaux de l’oued Taghzout qui se jette dans la mer. Les dégâts matériels se résument en des fissures sur les murs et des pertes de biens domestiques et de troupeaux, mais le bilan exact reste à définir. Selon une source de l’APC, 400 familles ont été affectées et attendent toujours une aide des pouvoirs publics. Certaines ont trouvé refuge chez des proches, d’autres ont squatté des locaux commerciaux et des salles de soins inexploités.
Des cris de détresse fusent dans cette localité rurale qui a beaucoup souffert du terrorisme et des inondations de novembre 2001.« Où sont passés nos responsables ? Pourquoi nous ont-ils abandonnés dans ces durs moments ? », s’interrogeaient certains d’entre eux. Là aussi, un projet « bâclé » est à l’origine des débordements de l’oued, dans la mesure où les nouvelles digues de protection n’ont pas été d’un grand apport. Ce projet a coûté au Trésor 23 milliards de centimes.
 

par A. Yechkour

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