Nouvelle polémique, à quelques jours de la visite d’Etat du président français en Algérie :

 Cherif Abbas aurait-il commis un dérapage sémantique ?

LE JEUNE INDÉPENDANT 29/11/2007

A moins d’une semaine de la visite d’Etat du président français en Algérie, une polémique née de l’interview de Mohamed-Cherif Abbas à nos confrères d’Al Khabar a nourri les suspicions d’une partie des observateurs français qui soutiennent qu’Alger a du mal à afficher une ligne cohérente sur ses attentes en matière de relations stratégiques avec la France.

Hier, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascale Andréani, est montée au créneau en déclarant que la France s’est étonnée des propos du ministre des Moudjahidine évoquant le soutien du lobby juif au président Nicolas Sarkozy et ses origines.

«Nous nous étonnons de ces propos parus dans la presse, qui ne correspondent pas au climat de confiance et de coopération dans lequel nous préparons la visite d’Etat du président de la République» à Alger, a déclaré Mme Andréani, interrogée sur l’état des relations franco-algériennes.

Elle a ajouté que ces relations «n’ont jamais été aussi denses». La visite de M. Sarkozy la semaine prochaine – sa deuxième au pays depuis son élection en mai dernier – en témoigne, a-t-elle assuré. «Le rythme des visites ministérielles, lui aussi intense – visite du secrétaire d’Etat aux Anciens combattants en septembre, du secrétaire d’Etat au Commerce extérieur en octobre, visites en France des ministres algériens de l’Intérieur, de l’Industrie, des Mines et de l’Energie tout au long du mois d’octobre, et visite samedi dernier à Paris du ministre des Affaires étrangères algérien» –, confirme l’intensité de la relation entre les deux pays.

«Ces rendez-vous bilatéraux ont été l’occasion de poursuivre un dialogue très substantiel avec les autorités algériennes sur tous les sujets, qu’il s’agisse des relations entre la France et l’Algérie – et la visite d’Etat démontrera qu’elles ont progressé dans de très nombreux domaines – ou des questions internationales.» Mme Andréani a ajouté que le ministre (Kouchner, NDLR) a pu le constater lors de son entretien avec M. Mourad Medelci, le 24 novembre.

Hier, visiblement rappelé à l’ordre, le ministre Mohamed-Cherif Abbas s’est déclaré «étonné et mécontent» des propos qui lui ont été attribués par Al Khabar. Dans l’entretien publié lundi dernier, M. Abbas a fait référence aux origines juives de M. Sarkozy, et attribué à l’influence d’un lobby juif son accession au pouvoir.

Dans une déclaration à l’APS, M. Abbas affirme «avoir appris avec beaucoup d’étonnement et de mécontentement certains propos» qui lui ont été attribués, sans démentir formellement les déclarations publiées par Al Khabar. L’interview de Mohamed-Cherif Abbas a été publiée au lendemain de l’annonce de la suspension du processus de privatisation du CPA.

Les explications fournies ensuite par la ministre délégué à la Réforme financière laissent à penser que le gouvernement n’est pas prêt à céder à une banque française les 51 % du CPA. En outre, l’exigence de la repentance de la France officielle a resurgi dans les propos du chef du gouvernement et de son ministre de la Communication, donnant du crédit à ceux qui soutiennent qu’Alger a décidé, contrairement à juillet dernier, de banaliser la prochaine visite de Sarkozy.

Cela explique peut-être, soutient un observateur, pourquoi il n’y aurait pas d’annonces commerciales spectaculaires, comme on l’a vu au Maroc ou en Chine, à faire valoir par le président Sarkozy, lui qui a fait du retour à la croissance forte en France, grâce aux exportations, son cheval de bataille électoral.  

par Aït Challal Mouloud

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