L’ambassade US à Alger contredit le département d’État sur l’évaluation du risque

 L’image de l’Algérie divise Washington

LIBERTÉ 24/11/2007 L’ambassade US à Alger contredit le département d’État sur l’évaluation du risque
L’ambassade des États-Unis à Alger est affirmative : “ L’Algérie est un poste très attirant pour les diplomates américains de par son héritage culturel très riche, sa diversité et sa position de carrefour entre l’Afrique du Nord, le monde arabe et l’Europe. ” Ce qui est loin de la vision de Harry Thomas, le directeur général du service diplomatique au département d’État.

 

L’Algérie est un pays dangereux, considère le département d’État américain. Elle figure au top 15, classement établi et révisé sur la base de la situation sécuritaire. Les 15 pays de la liste noire sont évidemment boudés par les diplomates américains. Le département d’État peine d’ailleurs à dénicher “les courageux diplomates” qui occuperont les 500 postes vacants.

Motif d’inquiétude peut-être pour M. Harry Thomas, le directeur général du service diplomatique qui semble pourtant trop s’avancer avec des chiffres certainement erronés. En effet, si l’Algérie demeure dans la perception américaine un pays à risque, point de vue confirmé par l’adjoint de Condoleezza Rice qui s’est confié à l’agence AP, tout le monde reconnaît, y compris la Maison-Blanche, que la situation sécuritaire s’est améliorée. Reste à savoir si Harry Thomas s’est contenté de donner le topo sur la situation globale dans les 15 pays cités. Ce qui est totalement injustifié du moment que cette situation diffère d’un pays à un autre, ce que le département d’État n’est pas censé ignorer. Et ce ne sont sans doute pas les Travel Warnings alarmants et réguliers qui encourageront les diplomates à opter pour des postes dans ces pays.

Et paradoxalement, la réponse viendra de l’ambassade US à Alger. Quel Américain autre que M. Robert S. Ford est mieux placé pour parler de la situation sécuritaire de l’Algérie, pays où il est accrédité ? En effet, prenant prétexte sur l’ouverture de la nouvelle ambassade à Alger, l’ambassadeur a rendu public un communiqué qui est en fait un démenti cinglant aux déclarations de Thomas Harry. “ Depuis 2005, la durée de la mission des diplomates américains en Algérie a été prolongée d’une année à deux ans. En outre, les épouses et les enfants en bas âge peuvent les accompagner ”. Ce qui est à la fois significatif de l’intérêt que portent les États-Unis à l’Algérie d’où d’ailleurs les relations de coopération très élargies et en constante évolution, mais bat aussi en brèche l’argument sécuritaire.

L’ambassadeur ne s’est pas contenté de formules “ diplomatiques ” dans l’évocation de sa mission, il apportera une précision de taille à son responsable du département d’État. “ En ce moment, tous les postes de l’ambassade des États-Unis à Alger sont pourvus ”, lit-on dans le communiqué. Et l’Algérie est considérée comme un poste très attirant, ce qui explique les demandes. Y a-t-il alors deux voix, deux points de vue, deux positions au sein du département d’État concernant l’Algérie ? Sinon comment expliquer la sentence de M. Harry Thomas et le démenti argumenté de M. Ford alors que ce dernier n’a pas de préférence ou de sympathie particulière pour l’Algérie ? L’affrontement entre les deux perceptions laisse supposer qu’il y a des dessous derrière les propos de Harry.

L’existence d’un lobby anti-Algérie au sein du département d’État n’est pas à écarter. L’hypothèse est d’autant plus plausible que ses déclarations sont en complète contradiction avec celles de l’ensemble des responsables américains, que ce soit au département d’État, au Pentagone ou à la Maison-Blanche, qui ont eu à s’exprimer sur l’Algérie ces dernières années.  

par Djilali Benyoub

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