la geole Algerie, 7 heures trente cinq minutes, 43 cigarettes, 3 tangos, 2 cafés, 3 sanglots

Le Matin DZ 16/11/2007 la geole Algerie, 7 heures trente cinq minutes, 43 cigarettes, 3 tangos, 2 cafés, 3 sanglots

La geole Algerie, 7 heures trente cinq minutes, 43 cigarettes, 3 tangos, 2 cafés, 3 sanglots, 23 sourires, 2 yeux embués en permanence et une boule au fond de la gorge !

 

Voila ce que c’est que les geôles d’Alger, lues à Alger par un algérien en novembre 2007.

On en sort – en sort-on ? – avec un, des sentiments qui se bousculent et se télescopent : Oui j’ai passé un bon moment à lire un bon roman de ceux que j’aime, un bon Fréderic Dard ! Mais très vite le long soupir qui vous délivre la poitrine vous rappelle quelques fragments de pages bien réels ceux-là : Les conditions de détentions scandaleuses dans une prison modèle de la république quand il s’agit de surcroit ; de cadres, de citoyens à qui l’on dit un ou deux ans après, tout compte fait ce n’est pas vous, ou alors c’est parce que l’on n’a pas eu l’autre, désolé pour le désagrément que cela à pu causer !

L’arbitraire, la torture, les torturés de T’kout, de Kabylie, le bakhchich , le mépris partout et toujours… ces relents d’un colonialisme toujours présent.
Et cette bêtise en filigrane, cette autopsie du complot, racontée minutieusement. Cette cabale menée contre un journaliste par un état entier : président, ministres, hommes de main, barbouze,… dans l’affolement, la peur non la trouille, et l’impunité.
Et puis ce travail magnifique, cette œuvre magnifique où se côtoient le journaliste, le chroniqueur, le poète, l’écrivain, l’homme enfin.

L’alternance des genres, vous séduit, ce style « Nedjmaeen », vous enivre, mais très vite la lecture vous rappelle, dans le cas où vous l’auriez oublié, - et vous l’oubliez ! -que le roman que vous lisez est bien réel ! Qu’il s’agit bien d’un journal algérien, Le Matin, de son journaliste algérien Mohamed Benchicou, du ministre de l’intérieur Zerhouni, du président de la république Bouteflika, des juges G , Aidouni,, du commissaire Flen, du barbouze Felten…

On en sort avec le sentiment que, Mon pays, comme aime à le designer affectueusement Ami Moh -que Benchicou découvre en même temps que nous (!!) – que Mon pays donc, comme on aurait dit maman, est bien mal, entre de bien mauvaises mains. C’est Mon Pays et je vis l’impuissance de le voir déchiré de toute part, entouré de hyènes même pas affamées, en ces temps de fratries, de Chriki, de sachets noirs, de cartes Visa, de club des pins, de BRC, de justice aux ordres, de dépantalonnade en tout genre, de retournement de veste, de personnel politique indigent, d’opposition de façade…

Le Livre de Benchicou ne m’apprend en fait rien de nouveau, mais comme les enfants qui adorent vous faire raconter mille et une fois la même histoire, rassurés qu’ils sont par sa maitrise, je le relirai volontiers ce week end !
Merci ami moh.

 

par FERHAT_DZ

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