Un accord historique à Montréal

Protection de la couche d’ozone

 La Nouvelle République 26/09/2007

Les gouvernements de 19O pays plus l’Union européenne, représentés à la conférence de Montréal, co-organisée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) et le Canada, ont accepté de geler, d’ici 2013, la production d’hydrochlorofluorocarbones (HCFC), utilisés dans des systèmes de réfrigération et de climatisation ou dans les mousses d'extinction des incendies, le HCFC ont remplacé les CFC (chlorofluorocarbures) et interdits en 1987.

Les pays développés acceptent de la réduire de 90% avant 2015, en vue d'une suppression totale à l'horizon 2020. Les pays en développement, avec une assistance financière non précisée, la réduiront de 10% pour 2015, de 35% d'ici à 2020 et de 67,5% avant 2025, avec pour objectif une suppression totale en 2030. Le Pnue réclamait l'interdiction de la production et de l'utilisation des (HCFC) en 2020 au lieu de 2030 pour les pays industrialisés et en 2030 au lieu de 2040 pour les pays en développement. Cet accord «historique» ressemble à un cadeau d’anniversaire pour les 20 ans du protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone. Leur élimination accélérée contribuera en même temps de façon importante à la lutte contre le réchauffement climatique, car ce sont aussi un puissant gaz à effet de serre. Selon le Pnue, l'accélération de l'élimination des HCFC doit permettre de réduire de 3,5% les émissions GES de la planète. Naturellement, le Pnue et le Canada se sont réjouis de cette décision d’aller vers l'élimination anticipée (de 10 ans) des gaz HCFC nuisibles à la couche d'ozone. L'accord de Montréal constitue un «tournant» dans le combat international contre le réchauffement global, a estimé John Baird, ministre canadien de l'Environnement. Il s'est félicité que la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, qui ne sont pas tenus par les objectifs du protocole de Tokyo, aient signé l’accord, contribuant au succès de la conférence.

«Les gouvernements avaient une occasion en or de traiter du double défi du changement climatique et de la protection de la couche d’ozone et ils l’ont saisie», s’est pareillement félicité le directeur exécutif du Pnue, Achim Steiner. Selon lui, l’accord permettra d’économiser à la planète plusieurs milliards de tonnes de gaz nuisibles. M. Baird et M. Achim Steiner ont vu dans ce succès un «signal vital» avant les rencontres sur les changements climatiques, en particulier le sommet convoqué la semaine prochaine à New York par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. La Maison Blanche s’est félicitée de cet accord «historique», estimant que «ses bénéfices potentiels seraient équivalents voire supérieurs à ceux auxquels pourrait parvenir le protocole de Kyoto» que l’administration Bush a refusé de ratifier. C’est «l’une des nouvelles actions mondiales les plus significatives pour lutter contre le réchauffement climatique», selon un communiqué.

Un groupe de travail a été constitué pour évaluer le coût financier de l’accord et remettra son rapport au début de l’an prochaine. Les pays donateurs se sont engagés à continuer à financer le Fonds multilatéral qui sert à venir en aide aux pays en développement, mais sans fixer de chiffre. Un responsable a estimé à 150 millions de dollars, la facture annuelle. Le Fonds multilatéral a déboursé plus de 2 milliards de dollars depuis l’entrée en vigueur du protocole de Montréal en 1987.

Signé en 1987, le protocole de Montréal, considéré comme l’accord environnemental le plus efficace, prévoyait l’élimination des HCFC en 2030 pour les pays développés et 2040 pour les pays en développement. Le protocole a réussi à pratiquement éliminer une première génération de substances appauvrissant la couche d’ozone, les CFC (chlorofluorocarbones). L’ozone, une molécule issue de l’oxygène, joue un rôle essentiel en filtrant les rayons ultra-violets B, responsables notamment des cancers de la peau.

Les scientifiques estiment que la couche d’ozone pourrait, d’ici à 2050 ou 2060, retrouver un état «voisin» de celui de 1980, avant que les trous dans la couche d’ozone ne s’accroissent jusqu’à atteindre en septembre 2006 la dimension record de 29,5 millions de km2.

Sans le protocole de Montréal, quelque 100 millions de cancers de la peau supplémentaires auraient été contractés d’ici à 2020.
 

par M’hamed Rebah

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