Les enseignants de tamazight menacent

Tizi Ouzou

La Dépêche de Kabylie 29/09/2007

L’enseignement de tamazight ne risque décidément pas d’en terminer avec le mépris d’un chef de bureau et de certains directeurs de CEM. Cette situation risque de s’envenimer et de voir les enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi Ouzou recourir au bras de fer avec la Direction de l’éducation, si la réglementation n’est pas appliquée.

En effet, réunis ce lundi en assemblée ordinaire, les enseignants de tamazight ne cessent de se plaindre du comportement du chef de bureau de la scolarité ainsi que de certains directeurs d’établissements lesquels font non seulement de l’excès de zèle mais de l’abus de pouvoir et piétinent de la réglementation en vigueur. La colère des enseignantsmontent en effet crescendo, et si ce n’était la force de persuasion des membres de l’Association, la décision de monter au créneau et d’investir la Direction de l’éducation en ce mois de ramadhan était prise et décidée par l’ensemble des enseignants. “Nous avons pu difficilement convaincre les enseignants de surseoir à la décision pour la simple raison que le Directeur de l’éducation vient juste d’être installé, et nous ne voulons pas débuter l’année en utilisant la force” nous dirons les membres de l’Association à leur sortie de la salle des œuvres sociales de l’éducation ou la réunion s’était tenue lundi. “Il y a de quoi casser la baraque”, nous dira un enseignant hors de lui et qui enchaînera : “Il est inconcevable qu’un chef de bureau, celui de la scolarité, fasse la pluie et le beau temps à l’Académie sans que les responsables ne bougent le petit doigt. Sinon comment ce chef de bureau affiche son mépris envers tamazight et les enseignants en me disant, je suis au courant de la circulaire ministérielle, je l’ai en ma possession et je l’ai lue mais je ne l’appliquerai pas, c’est ma décision, tels ont été les propos du chef de bureau”. Un autre enseignant ajoutera ; “Il n’y a pas à discuter avec cette femme qui fait ce qu’elle veut ; à chaque fois qu’un enseignant ou un directeur lui rend visite dans le cadre du travail, au lieu de lui expliquer ou d’argumenter elle se met à crier et n’écoute même pas les doléances du visiteur qui est en plein droit de se renseigner ou de demander quoi que ce sot dans la limite de la correction et de la réglementation. Jusqu’à quand fera-t-elle sa loi à l’Académie ?” La colère des enseignants de tamazight était perceptible et tous voulaient dire quelque chose et auraient des griefs à l’encontre du chef de bureau de la scolarité.

Pour d’autres enseignants et autres membres de l’association des enseignants de tamazight, certains chefs d’établissement outrepassent leurs droit et prérogatives en lésant l’enseignement et l’enseignant de tamazight “au cem base 7 à Draâ El Mizan, l’année dernière il y’avait 3 postes d’enseignants de tamazight, cette année il a supprimé deux pour la simple raison que les parents d’élèves ne veulent pas que leurs enfants étudient tamazight. Ce responsable n’applique pas la réglementation, sinon il n’a pas le droit de supprimer tamazight de l’enseignent, une circulaire ministérielle en fait foi, lorsque des élèves ont commencés l’enseignement de tamazight, ils le poursuivent jusqu’à la fin du cycle or pour ce chef d’établissement il n’y a que les 1ère AM qui étudient tamazight alors que les autres niveaux l’étudiaient les années passées” dira un enseignant ; “Le chef d’établissement du CEM base 7 de Boghni m’a dit ceci : je ne permettrai pas l’enseignement de tamazight dans mon établissement” renchérit un autre enseignant.

Comme nous l’avions rapporté dans nos précédentes éditions, des chefs d’établissement font la loi dans une institution publique gérée par des textes et des lois, et considèrent ces établissements comme étant des propriétés privées. Il est vrai que la question se pose : “Quand ces responsables appliqueront-ils les textes et seulement les textes. Qu’ont-ils de plus que ces chefs d’établissement qui font leur travail en appliquant la loi ?”

Pour rappel, ce que l’Association et les enseignants de tamazight dénoncent est la non application de la circulaire n° 446 du 06 novembre 2006 et son rappel n° 426 du 26 mai 2007. Ladite circulaire ministérielle parle du volume-horaire pour l’enseignement de tamazight qui ne doit pas dépasser les 18 heures donc les 6 divisions pédagogiques, ainsi que l’obligation de la poursuite de l’enseignement de tamazight pour les élèves l’ayant déjà entamé. En fin de compte les enseignants de tamazight n’ont pas tort et leur revendication est tout à fait légitime, puisque qu’ils ne veulent que l’application de la loi, donc si la loi est d’abord bafouée par les responsables de l’éducation, comment veut-on que notre école sorte de ce marasme et de cette médiocrité “Pour une énième fois nous demandons à Messieurs le DE, le wali et le ministre de l’Education d’intervenir pour que la réglementation soit appliquée et que ces irresponsables qui piétinent la loi soient rappelés à l’ordre, avant que la situation ne s’envenime encore plus et que les enseignants de tamazight ne passent à un autre stade de réclamation”. Tels sont les derniers propos des membres de l’Association des enseignants qui soutiennent leurs collègues et agiront de même que leurs adhérents.
 

par M. A. B.

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