Il y a deux ans, le peuple algérien a approuvé le projet : Quel bilan pour quelles perspectives ?

Il y a deux ans, le peuple algérien a approuvé le projet : Quel bilan pour quelles perspectives ?

LE JEUNE INDÉPENDANT 29/09/2007

Il y a deux ans, le peuple algérien a approuvé le projet : Quel bilan pour quelles perspectives ?Après deux ans passés sur l’adoption du projet présidentiel de la Charte portant paix et réconciliation nationale, une halte s’impose afin d’établir un constat sur ce qui s’apparentait, selon ses défenseurs, à une stratégie qui ferait sortir, enfin, l’Algérie du gouffre.

Le projet cher au Président Bouteflika plébiscité le 29 septembre 2005 a-t-il atteint ses objectifs tracés et tant promis ? Sinon quelle solution préconise-t-on pour parvenir enfin à cette paix promise ? Les positions des uns et des autres, notamment celles des adversaires du texte du président Abdelaziz Bouteflika, n’ont pas évolué d’un iota.

Les principaux adversaires de la politique de Bouteflika se comptent notamment dans les rangs des associations de victimes de la «tragédie nationale» et des partis politiques qui ont, dès l’annonce dudit projet, prédit son échec. Que ce soient ceux qui se disent victimes des abus des services de sécurité ou ceux qui se disent l’être de la part de groupes terroristes, ces deux catégories ainsi que les partis politiques qui s’opposent au projet de la charte sont unanimes à dire que l’échec de la politique de réconciliation nationale version Bouteflika «est total».

Tout en se défendant de «se féliciter» du fait que le temps leur a finalement donné raison, la majorité des personnalités politiques et responsables de ces associations, joints par Le Jeune Indépendant, évoquent en premier lieu, et à juste titre d’ailleurs, «le saut qualitatif» réussi par les terroristes qui sont passés actuellement au stade des attentats suicide.

En second lieu, ils regrettent le fait que la politique de réconciliation ait été menée «à sens unique et sans consultation du peuple». C’est-à-dire que les pouvoirs publics n’ont, selon eux, associé à leur démarche ni les acteurs de la crise ni ses victimes.

Du côté des partis politiques, les positions divergent selon qu’on soit partisan ou opposant au «rêve bouteflikien» de réconciliation nationale. Si les partis de l’alliance présidentielle ne sont que louanges pour le projet présidentiel, les partis de l’opposition démocratique se chargent de leur rappeler les tares de la charte et les travers de ses textes d’application.

Au «plébiscite populaire» avancé par le RND et le MSP pour justifier la légitimité populaire du projet, le RCD et le MDS, entre autres, opposent «le bourrage historique» des urnes en ce 29 septembre 2005. Ces derniers rappellent également les derniers attentats suicide aux deux partenaires de l’alliance gouvernementales qui parlent de «recouvrement de la paix et de la sécurité à l’échelle du territoire national».

D’autre part, et sans faire la fine bouche sur les «résultats probants» réalisés par la charte, les partis islamistes ne siégeant pas au gouvernement, à l’image d’Ennahda, estiment que toutes les mesures prévues pour l’indemnisation des repentis ne sont pas appliquées et recommandent même aux autorités de prendre de nouvelles mesures en faveur de ces repentis pour aller dans le sens d’une «véritable réconciliation».

Cela au moment où les partis démocrates affirment que les repentis se sont taillé la part du lion aux dépens des familles de disparus ou de victimes du terrorisme. Quoi qu’il en soit, les faits sont là : après deux ans de «réconciliation», des Algériens et des étrangers continuent de tomber sous les explosifs terroristes.

Les formations politiques algériennes partagent toutes l’idéal de la paix, mais si, comme l’a dit Moussa Touati, «on n’a jamais voulu chercher les vraies causes du terrorisme». Ce problème et, par conséquent, sa solution restent «éminemment politiques», comme l’a relevé M. Hadef.

Nous vous livrons ici tels quels les avis de quelques responsables politiques, militants des droits de l’homme et responsables d’associations de victimes de la «tragédie nationale».

 

par Yassine Mohellebi et Halim Mouhou

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