Un candidat d’origine algérienne à la conquête de la mairie de Rennes

Une première dans l’histoire municipale de France

Le Quotidien d'Oran 17/10/2007

Le pari semble pour le moins difficile, mais il a le mérite d’exister. Un Français «issu de la diversité» -selon la formule redondante du politiquement correct- se lance dans l’aventure municipale. Avec l’ambition d’endosser, au seuil du printemps, l’écharpe tricolore, symbole hexagonal le plus visible du mandat électif.

Karim Boudjemâa, fils d’un Algérien marié à une Française, figure au rang des candidats de la mouvance présidentielle pour les élections municipales de mars 2008. Selon le quotidien régional «Ouest France» qui rapporte l’information, son nom à la consonance toute maghrébine a été porté sur la liste municipale de Rennes. Détail parmi d’autres, la ville abrite, depuis des années, nombre d’activités culturelles dédiées à l’Algérie. Entre autres cités du monde, elle est jumelée à Sétif.

Cette candidature constituera une première du genre dans l’histoire municipale de France. Hormis la période coloniale et le temps des départements algériens, jamais un Français d’origine maghrébine ne s’est installé dans le bureau «capitonné» de l’un des Hôtels de ville de France.

L’information d’»Ouest France», journal généralement informé sur les bruits de couloir de la classe politique bretonne, n’est pas dénuée de sens et d’effet de surprise. Pour une double raison. Outre qu’elle constitue une première dans le registre de la plus haute responsabilité municipale, elle frappe par le nom de la mairie retenue pour le challenge de Karim Boudjemâa.

Capitale de la Bretagne, région d’où sont issues des générations entières d’hommes politiques français -toutes couleurs politiques confondues—, Rennes passe pour un bastion politique important. A l’instar de Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Strasbourg, Lille, Toulouse, elle a toujours compté parmi les places dont les scrutins locaux comptent, de façon décisive, dans la configuration des votes nationaux.

A en croire le récit circonstancié d’un autre journal «Le Figaro», l’idée de placer Karim Boudjemâa sur une rampe de lancement municipale s’est rapidement dessinée. En bon connaisseur des terres bretonnes, l’ancien ministre Pierre Méhaignerie, député-maire de Vitré et patron départemental de l’UMP d’Ille-et-Vilaine, y a vu une option pertinente. Un choix tout indiqué pour mettre en oeuvre, au pays breton, la «politique d’ouverture» chère à Nicolas Sarkozy. Tout indique, à s’en tenir aux lectures des milieux UMP bretons, que la candidature du Franco-Algérien a été suggérée par la direction nationale du parti présidentiel. Indice révélateur, Karim Boudjemâa a été préféré à Loïck Le Brun, qui préside aux destinées de l’UMP de Rennes.

Né, voici cinquante ans, sur la rive sud de la Méditerranée, l’heureux élu de l’investiture UMP ne s’engage pas sur une terre facile. Et pour cause: la plus patrimoniale des villes de Bretagne passe, aujourd’hui, pour être un des bastions imprenables de la gauche. Depuis trente ans, en effet, elle est dirigé par Edmond Hervé, ancien ministre encarté chez le Parti socialiste. Il a subtilisé l’Hôtel de ville à la droite après un règne de 24 ans.

Médecin de formation - il est chirurgien dans un hôpital public-Karim Boudjemâa est présenté comme une figure de proue de la société civile rennaise. Dont le nom n’a jamais été inscrit sur une liste d’un parti politique. Seule trace sur ce terrain, au demeurant récente, sa présidence d’un comité de soutien départemental à Sarkozy pendant la présidentielle.

«J’ai toujours voulu m’impliquer en politique. Ces derniers mois, dès que j’ai senti qu’il y avait une place véritable pour ceux qui ne sont pas des professionnels de la politique, j’ai tenté ma chance. Et aujourd’hui, je me réjouis que ma candidature ait été acceptée et que l’UMP me soutienne», dit-il cité par la presse.
 

par S. Raouf

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