Résultat de sa ménopause intellectuelle

  La Dépêche de Kabylie 24/10/2007 Résultat de sa ménopause intellectuelle

Tahar Ouattar, après s’être embrouillé avec de nombreux écrivains, vient de démontrer qu’il n’a aucun respect même pour les morts et aucune considération pour leur mémoire.

Au cours d’une conférence animée au Centre culturel français, Ouettar, a encore une fois récidivé dans son attaque contre la mémoire du martyr de la plume, Tahar Djaout. Notre confrère du journal El Watan a rapporté, dans son édition d’hier, que l’auteur de l’AS a persisté dans sa conviction selon laquelle le premier journaliste assassiné par les terroristes en 1993 était «une perte pour la France».

 

Pire, ne se contentant pas de souiller la mémoire de Djaout, Ouettar s’attaque aux «Kabyles» qui étaient à l’origine «d’une levée de boucliers» contre lui, parce que, précise-t-il, «ils avaient des journaux». Le commentaire aurait pu passer inaperçu si la personne attaquée était encore en vie. L’auteur des Chercheurs d’os serait en mesure de répliquer s’il était encore de ce monde. Mais la lâcheté n’a visiblement pas de limite.
Sans honte ni pudeur, le baâthiste n’a pas le courage d’avancer que ce qui le dérange chez Djaout et ses compères de la «famille qui avance», définis ici comme «Kabyles» possédant des journaux, c’est sa différence idéologique beaucoup plus que son utlisation de langue française comme moyen d’expression. Djaout, et nous avec lui, était sans doute fier de maîtriser la belle langue de Molière. Il était sans doute fier d’être Algérien, d’appartenir à ce beau pays qu’est l’Algérie.

Ouettar détient-il le brevet de nationalisme ? Est-il plus algérien que Djaout parce qu’il écrit en langue arabe ? Sans doute que non. Mais ce que Ouettar a oublié de dire c’est que Djaout est entré au Panthéon de l’histoire par sa grande porte, lui qui ne cessait de produire et de combattre, par sa seule plume, sans entrer dans les bassesses de ses détracteurs, l’hydre intégriste. Alors que les baâthistes de tout bord, Tahar Ouettar en tête, se sont éclipsés de la scène. Au lieu de combattre le mal, ils tentaient de le justifier. «La famille qui avance» - cette belle formule employée par Djaout et reprise par Matoub- n’est jamais tombée dans le caniveau. Elle combat avec détermination et honneur. Certains, Djaout en est le symbole, l’ont payé de leur vie. D’autres ont survécu et continuent de veiller, vaillemment, sur les acquis en attendant plus. Tout le mondre aura remarqué que l’auteur de «Zilzel», qui a mangé à tous les râteliers -il avait notamment applaudi toutes les décisions de la dictature du parti unique- est atteint d’une «ménopause intellectuelle». Il n’y a plus de «révolution agricole» qui va lui inspirer un écrit ni de Cour qui va le classer dans le giron des «grands écrivains» dont le seul mérite est le degré de servitude. La seule raison qui reste alors au «pauvre écrivaillon» pour vivre est l’insulte, celle qui ne fait pas grandir. Celle qui rend son auteur servile jusqu’à l’éternité. Une attitude qui, en vérité, fait apparaître le vrai visage de Ouettar. «Celui qui veut être cité dans le village, n’a qu’à faire ses excréments à la fontaine», dit le proverbe kabyle. Tahar Ouettar l’a fait.
 

par Ali Boukhlef

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