Réponse d’un Kabyle à Tahar Ouettar

Polémique

La Dépêche de Kabylie 25/10/2007

“ Il arrive à l’aigle de descendre aussi bas qu’une poule mais jamais à une poule de monter aussi haut que l’aigle ”.

Jamais cet adage ne s’est autant vérifié comme il le fut, pour moi, à la lecture du compte rendu de la Dépêche de Kabylie faisant mention de propos orduriers tenus par le vil et pseudo-écrivain et Tahar Ouettar contre un autre Tahar – celui-là noble et immortel - Djaout, le " chercheur d’os " et fils digne de la Kabylie.

A la plume approximative et franchement stérile, Tahar Ouettar s’est borné, tout au long d’une carrière terne et accidentée, à servir un régime comme un mulet des Hauts-Plateaux. Habitué à l’insulte et à l’ignominie, il n’a jamais caché sa haine des Kabyles. Comme pour lui rappeler que cela ne les atteint et ne les affecte jamais, ils préfèrent ne pas répondre. Mais si j’ai décidé de répliquer à ses sottises, c’est parce qu’il a franchi une limite intolérable, en s’attaquant à un monument qui n’est plus de ce monde. Convaincu que si Djaout était encore vivant, ce lâche éhonté ne l’aurait jamais attaqué.

Pour rappeler à la bonne gouverne de Ouettar, Djaout n’a jamais été un larbin de l’idéologe officielle.

Ses oeuvres, écrites d’une main magique et auréolées de liberté et de patriotisme sans teinte, l’ont mené au firmament et aux cimes de la reconnaissance du monde littéraire. Jamais l’argent du Trésor public n’a été utilisé pour lui acheter des titres comme pour vous qui vous êtes fait chantre de la littérature par décret. Il n’y a pas plus condamnable et plus honteux que de brandir ses couteaux contre un mort. Ouettar, pour ne pas le citer, s’enfonce dans l’ignominie et verse son venin sur la mémoire de Djaout. Les psychiatres auront certainement une explication au cas de Ouettar, parce que c’en est un. Depuis sa ménopause – pour moi, il y a toujours été dedans – il n’a pas trouvé meilleur sport pour ses méninges périmées que de les actionner par la pratique de l’insulte. En espérant gagner la sympathie d’autres réactionnaires comme lui, il aura la déception de voir que ses idées ne mobilisent pas, désuètes et réprouvées qu’elles sont. Il est vrai que quand on regarde son nombril une vie durant, on finit par être condamné à la démesure de soi qui conduit, à son tour, à une déchéance morale irréversible.

Je n’aurai jamais le regret d’avoir lu quelques-unes des oeuvres de Ouettar. Elles m’ont servi à connaître la vraie personnalité de l’auteur ! Rien n’est écrit des tripes, mais servi comme offrande aux puissants de son époque. Son oeuvre "l’AS", qu’il représente comme une figure de malheur, est là, une réelle émanation de sa personnalité. Là, il a dit la vérité. Le pauvre !

Deux choses sont regrettables dans cet épisode que nous gagnerons à oublier vite : la première, c’est que Ouettar porte le même prénom que Djaout, ce qui incommode vraiment. La seconde, c’est qu’il est issu de la belle région de Sedrata qui nous a fait l’honneur d’enfanter des immortels à l’image de Kateb Yacine. De Tahar Ouettar, elle aura honte et s’encombrera tant de ses insultes envers la Kabylie sœur.

C’est triste : il y a des moments où des hommes ratent l’occasion de se taire !
De Genève,

 

par Belkacem Boukherouf

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